Ecologie et spiritualité

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

François RABELAIS, humaniste français

 

« Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler ! »

Julien GRACQ, écrivain français

 

Ce blog est indépendant de tout groupe religieux, philosophique, idéologique ou politique.

Toutefois, je souhaite préciser un élément qui est pour moi fondamental dans toute approche de l’écologie, et souvent éludé dans le militantisme écologique « classique » : la nécessité de relier l’engagement pour la nature et l’environnement à une recherche d’harmonie entre le Soi et le monde.

 

Trop souvent, l’écologisme se résume à des propositions de solutions techniques et/ou à un combat « contre » des catégories de pollueurs réels ou supposés ou contre le « Système » tout entier.

 

Ces deux solutions, pour utiles qu’elles soient, sont insatisfaisantes sur le plan moral et spirituel.

 

La première parce qu’elle entend tout résoudre par des moyens techniques, sans vision d’ensemble. Cette vision mécaniste a une logique potentiellement pernicieuse : prendre la technologie pour une panacée, sans voir les effets qui peuvent en être négatifs.

La complexité de la question se voit bien dans les bio- et agro-carburants : si le remplacement du pétrole par des carburants issus du végétal peut être une solution d’appoint utile (expérimentée avec succès par le Brésil dès les années 1970 à la suite du « premier choc pétrolier »), son utilisation généralisée avec la plantation de cultures dédiées sur tous les continents est bien plus contestable (destruction d’espaces naturels, accaparement des terres agricoles, utilisation accrue de pesticides et d’OGM…), et les alternatives possibles (utilisation des sous-produits agricoles, des algues, des déchets ménagers) doivent être examinées avec prudence, sous l’angle des avantages et des inconvénients possibles.

Bien d’autres questions nécessitent, au moins, autant de réflexions : les OGM, les nanotechnologies, la « géo-ingéniérie », le transfert massif d’eau des pays humides vers les régions plus arides, etc…

Bien au-delà, la vision purement mécaniste et techniciste touche aux rapports que l’Humain entretient avec la Nature depuis les origines, avec ce que cela peut comporter de déstabilisant.

 

Actuellement, et surtout dans le monde industrialisé, l’Homme s’inquiète des conséquences de ses multiples inventions sur son environnement, sur son corps et sur son esprit, et le mythe de « l’Apprenti sorcier » est dans toutes les têtes. En poussant la logique, on pourrait dire que la logique matérialiste qui a gouverné l’Occident dans les deux derniers siècles, et jusqu’alors optimiste et conquérante (on parlait de positivisme) s’est progressivement transmuée, d’une catastrophe à l’autre, en un pessimisme fataliste, une sorte de « négativisme », de peur généralisée : peur de la catastrophe écologique, mais aussi, pour certains, peur de la crise financière, peur des "barbares" (immigrés, étrangers...), peur des nouvelles maladies, etc… Nos descendants du 4ème millénaire considèreront peut-être notre époque comme une sorte de « Moyen Age » fait de peur et de fanatisme !

A cet effet, le besoin de spiritualité, de se raccrocher à quelque chose, est peut-être devenu la préoccupation numéro un dans notre monde.  

De telle sorte, l’approche techniciste de l’écologie, bien qu’utile si elle est appliquée de façon modérée, est donc insuffisante.

 

La seconde approche « militante » a elle aussi son utilité et a remporté de nombreux succès, dans les pays démocratiques, pour faire plier des gouvernements et des entreprises qui s’apprêtaient à prendre des décisions nocives pour l’environnement, mais aussi à mettre en place des pratiques alternatives plus « écologiques » (exemple : programme d’exploitation durable des forêts canadiennes, adopté en 2010 par le gouvernement de ce pays sous la pression de Greenpeace).

Toutefois, cette logique a ses limites : celle de voir, systématiquement, l’autre comme un « ennemi » à combattre et non comme un partenaire digne de respect.

Au-delà, la « nature en danger » est conçue comme un champ de bataille, une sorte de front perpétuellement menacé, et non comme un lieu d’émerveillement et de ressourcement.

La posture de dénonciation systématique fréquemment affichée dans le monde militant contient en elle une pulsion négative et violente, ce qui est porteur de frustrations, de haine contre le monde et soi-même, et surtout contradictoire avec l’amour pour la Nature tout aussi fréquemment revendiqué dans ces cercles militants.

 

Plutôt que « combattre contre », il est préférable « d’agir pour », ce qui implique de voir d’y voir dans l’environnement une source de joie plutôt que d’anxiété comme il est souvent répété dans les cercles « écologistes ».

Ce changement de point de vue n’est pas qu’une histoire de mots : il contient en lui une autre vision du monde, son « réenchantement » si on veut, prête à prendre la relève de l’approche mécaniste dont nous avons vu les contradictions, sinon la déchéance.

 

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Tel est ce que mon blog vous propose, afin de découvrir et de vous émerveiller devant les actions de protection de l’environnement entreprises à travers le monde, de célébrer chaque avancée de la cause écologique, mais aussi de vous en inspirer, et de poser sur notre Monde une vision plus sereine que celle qu’apportent les médias « classiques ».

 

Alexis Vernier

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