Ecologie et optimisme

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L’écologie dans les médias classiques

 

Depuis une vingtaine d’années, l’écologie s’est hissée au rang des préoccupations des citoyens et des gouvernements, et fait de plus en plus souvent la « une » des médias : journaux, télévision…

 

Le plus souvent, c’est de la dégradation de l’environnement dont il est question dans les médias : quand il n’y a pas de marée noire ou de catastrophe industrielle (lesquelles existent et ne doivent pas être niées), il est question de la énième conférence internationale sur le climat et les espèces menacées qui s’achève par des vœux pieux et de vagues promesses.

Force est de constater que les médias traditionnels, fidèles à leur tradition de donner la préférence aux nouvelles négatives, rendent rarement compte des « bonnes nouvelles », des initiatives intelligentes et des progrès  écologiques enregistrés à travers le monde.

 

La vision catastrophiste véhiculée par les médias classiques, notamment la télévision et la grande presse nationale, incite au repli frileux sur soi et à la résignation. Il s’agit souvent moins de donner une information objective que de faire du sentimentalisme et du misérabilisme, pour « faire pleurer dans les chaumières » et surtout faire vendre du papier et de l’audimat. L’information négative agit comme une drogue dure sur les corps et les esprits.

 

Grandeur et misère du militantisme

 

Ce ne serait (presque) pas si grave si la pensée écologiste « militante », qui se complaît dans une dénonciation permanente (« l’attitude anti- »), n’était pas affectée par ce sentiment de négativité.

L’optimisme est trop souvent absent de la pensée écologique, partagée entre la nostalgie d’un paradis naturel perdu et la dénonciation systématique de la société industrielle.

 

Des ONG actives et connues dans le monde communiquent bien davantage sur la dénonciation des groupes pétroliers, des Etats, etc… et minimisent la portée de leurs propres actions constructives et des victoires qu’elles emportent (mais oui !).

Qui, en Europe, sait que Greenpeace est parvenue à signer en 2010, avec les forestiers et 8 autres organisations environnementales, un accord visant à protéger 72 millions d’hectares de forêts au Canada (soit davantage que la superficie de la France), qui est, d’après leurs propres mots, « le programme de protection des forêts le plus important jamais adopté au monde » ?

Peut-être pas vous. Mais vous aurez sans doute plus aisément entendu parler de leurs actions « perturbatrices » (ex. : prise d’assaut de navires de pêche, blocage de chantiers miniers), sur lesquelles ils choisissent de communiquer bien davantage.

Cette forme de militantisme agit davantage « contre » des ennemis réels ou supposés : les capitalistes, les industriels, les Etats… mais aussi les agriculteurs et les pêcheurs, plutôt que de promouvoir les pratiques intelligentes et le dialogue.

Le courant extrême dit de la « deep ecology » ou « écologie profonde » va plus loin encore en remettant en question la place de l’Homme sur la Terre.

 

Si ces actions ont certes une utilité en termes de sensibilisation, elles introduisent une confusion dans les esprits en laissant entendre que la confrontation est le seul moyen d’action possible contre la dégradation de l’environnement.


Pire encore, cette attitude « anti- » induit une réaction de rejet chez les personnes qui n’adhèrent pas à leur cause : cela explique le succès fulgurant des dits « climato- » et autres « éco-sceptiques » à la suite de l’échec du sommet de Copenhague, en 2009.

Cette spirale « contre-productive » s’entretient d’elle-même, aucune des deux parties ne remettant en question ses certitudes.

Elle est d'autant plus aggravée lorsque des groupes de pression dits écologistes épousent des causes sans rapport avec cette thématique mais souvent controversées dans l'opinion publique, par exemple des thèmes que l'on dit pudiquement "de société" (attention : je ne porte ici aucun jugement de valeur sur ces causes et je n'en citerai pas, je ne veux pas attiser de polémique).

 

 

Si l’écologisme militant peut être très actif et utile, il reprend parfois les mauvais aspects des religions : menacer de l’Enfer les personnes qui ne se rangeraient pas de son côté, sinon l’Humanité toute entière. Ce dogmatisme n’a aucun effet positif sur les « non-croyants », et trouble même certains « adeptes ».

 

Des présupposés politiques et philosophiques très anciens

 

La tendance pessimiste que l'on rencontre fréquemment dans le discours écologiste (en France mais aussi ailleurs) ne date pas d'hier, elle a des racines politiques et philosophiques très anciennes.


En remontant un peu le temps, on pourrait citer le romantisme (notamment en Allemagne, où il a servi à exalter le génie national par opposition aux peuples voisins : latins, slaves, sans oublier les juifs... on connaît la suite), le rousseauisme, mais aussi "un certain christianisme" (pour reprendre l'expression de Michel TOURNIER) mettant l'accent sur la culpabilité et le péché de l'Homme, sans parler de doctrines encore plus anciennes ou "exotiques" (le platonisme, le manichéisme, le cycle des âges des mythes scandinaves ou hindous, etc...).

 

Tous ces mouvements ont en commun l'idéal d'un monde figé et le mépris des dynamiques de la Vie.

 

"Changer sans déchoir" (Michel TOURNIER)

 

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Il serait toutefois injuste de ne s'en prendre qu'aux Anciens.

Derrière sa façade de modernité, le militantisme et l'activisme masquent paradoxalement (et bien souvent) une culture de la fatalité et de l'impuissance, en concentrant leurs efforts sur des ennemis (réels ou supposés) d'ordre super-structurel (l'Etat, les lobbies divers, le Grand Capital... comme on dirait le Grand Satan sous d'autres latitudes !) sans accorder d'intérêt (ou si peu) aux initiatives positives et en les traitant parfois avec méfiance.

 

De ce fait, il est nécessaire de soutenir une culture de l'écologie positive, en France et ailleurs.

 

L’écologie dans l’Internet francophone

 

Au cours d’une investigation que j’ai menée dans les dernières semaines, la plupart des sites dédiés à l’environnement présentent le plus souvent une information très thématisée (sites consacrés à la protection de la nature, à l’environnement industriel, à l’informatique, etc…), d’autres abondent nettement dans le sens du catastrophisme (exemple : http://www.notre-planete.info/).

Aucun site ne rend compte des progrès de l’écologie et de la cause environnementale à travers le monde. La blogosphère est un peu plus créative mais les blogs consacrés à ce thème sont rares (vous pouvez en trouver ici : http://soyons-positifs.over-blog.com/ et ici : http://bonnesnouvellesenvironnementales.over-blog.com/).

 

Une autre actualité est possible, et elle existe déjà !

 

Pourtant les nouvelles réjouissantes existent, et elles sont, contre toute attente, étonnamment nombreuses !

Mais elles sont disséminées dans de nombreux médias (surtout l’internet et un peu la presse), et souvent peu diffusées.

Certaines d’entre elles n’ont d’ailleurs, semble t-il, jamais été publiées en langue française.

 

Les initiatives de protection de l’environnement qui fleurissent partout dans le monde, à l’initiative de particuliers, d’ONG, d’entreprises, de collectivités locales ou de gouvernements (même les plus inattendus) méritent d’être mieux connues et diffusées, afin que chacun puisse s’en inspirer et créer une dynamique d’écologie positive autour de lui.

 

L’objet de ce blog est de vous proposer un nouveau regard sur l’environnement et la nature, à travers une revue des progrès de l’écologie dans le monde et de la capacité de résilience de la Nature, pour reprendre les bons exemples, les faire partager, sinon les célébrer.

 

 

Vous pourrez le voir comme un livre d’images ou un kaléidoscope, présentant ce que la Nature et l’Homme peuvent faire de meilleur.

Vous pourrez aussi le voir comme un lieu de ressourcement et de « désintoxication » après avoir été soumis au stress et à l’anxiété.

Vous pourrez le voir comme la forge d’un nouveau pacte humaniste, dédié au dialogue entre les humains et les nations, indépendamment de leur langue, de leur religion ou de leur niveau de développement économique.

Enfin, vous pourrez voir cette collection d’exemples comme une source d’inspiration pour vous-mêmes et votre entourage.

 

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Bonne découverte !

 


 

 

Alexis Vernier

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