Un blog de bonnes nouvelles ?

L’actualité, ou plutôt ce que l’on diffuse le plus souvent dans les médias sous ce terme, est envahie par les mauvaises nouvelles. Il suffit d’allumer la télévision ou d’ouvrir un journal pour s’en rendre compte. Guerres, violences, racisme,   scandales financiers, faits divers lugubres, intégrismes religieux, chômage (en Occident), famines (dans le Tiers-Monde), pollutions, réchauffement climatique, accidents...

 

Le pessimisme est certes aussi ancien que l’Humanité, et il est consubstantiel à toute émotion déclenchée par un drame ou un simple penchant mélancolique :

 

« Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain. Parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible … » Ainsi parlait le poète Hésiode, au VIIIème siècle avant Jésus-Christ.

 

Mais le flux ininterrompu d’informations négatives, actuelles ou à venir, qui fait le tour de la planète plus vite qu’une épidémie, pénètre nos foyers et nos consciences par médias interposés, génère une forte anxiété chez nos contemporains, qui éprouvent une forte difficulté à y échapper.

L’inquiétude de beaucoup de Français et d’Occidentaux face à l’avenir n’y est sans doute pas étrangère.

 

Pire encore, ces informations attisent les préjugés, les passions et les tensions qu’elles sont censées combattre, jusqu’aux limites du terrorisme moral.

Lors des attentats du 11 septembre 2001, la diffusion en boucle des images de l’accident et des immeubles en flammes, suivies de celles de la guerre punitive menée contre les taliban en Afghanistan, a-t-elle fait reculer le racisme et les préjugés réciproques entre les peuples d’Occident et du Moyen-Orient ? C’est plutôt le contraire qui s’est produit (et on pourrait même affirmer, paradoxalement, que les chaînes de télévision, étasuniennes et autres, ont diffusé des messages de propagande islamiste !).

 

Cette tension est accrue par le fait que les médias relaient avec complaisance les informations anxiogènes, même les plus futiles (exemples : les apéros identitaires, les propos d’un chroniqueur de radio ou d’un scientifique à la retraite, et même le délire d’une secte des Etats-Unis qui proposait un autodafé de Corans pour « fêter » l’anniversaire du 11 septembre 2001), et passe sous silence les informations qui entretiennent la confiance entre les peuples, les nations, les religions, depuis les bénévoles qui organisent un pique-nique « couscous-vin rouge » en bas de chez vous jusqu’aux dirigeants qui signent un traité de paix mettant fin à plusieurs décennies de conflits au fond de l’Asie ou de l’Afrique.

 

Il ne s’agit pas de « tuer le porteur de mauvaises nouvelles » ni de faire preuve de naïveté, mais d'offrir une vision plus équilibrée de l'actualité en mettant en lumière ce que le Monde a de clair et de beau, et de restaurer l’optimisme qui, quoi qu’on dise, est nécessaire à toute action raisonnée et intelligente.

 

Alexis Vernier

 

 

Nota. Hasard ou coïncidence, cette page est écrite et publiée le 11 septembre 2010, 9 ans jour pour jour après les attentats.