Vers un renouveau de l'agriculture dans le Monde (réflexions de Vincent BLANCHETTE, du Québec)

Publié le par Le blog de l'écologie positive

Prochaine révolution verte

 

Il existe déjà des solutions incroyables concernant la sécurité alimentaire avec l'agriculture verticale et l'aquaponie. Cependant, le temps que de telles technologies soient mises de l'avant, que peut faire présentement un agriculteur  moderne pour améliorer le rendement de ses terres tout en  réduisant son empreinte écologique ? Poussons un peu plus loin : comment pourrait-il également restorer les terres dégradées par une exploitation trop massive de pesticides, de monoculture,  et l'érosion prématurée des sols ?

Présentement, 40 % des sols du monde sont exploités par l'agriculture. La dégradation des sols menace la sécurité alimentaire à un point tel que les États-Unis sont passé de 2 ans de réserves en 1985  à seulement 43 jours en 2010. Le problème est préoccupant, mais, comme de fait, des solutions et des techniques existent et, si elles sont mises en applications, non seulement n'aurons-nous pas besoin de défricher davantage de forêts pour fournir une population croissante, mais nous pourrons produire plus sur beaucoup moins d'espace et restaurer les terres dévastées. Ces moyens ont déjà fait leurs preuves, et peuvent conduire à une plus grande prospérité.

Solution #1 : La permaculture

Le concept, inventé par Bill Mollison dans les années 70, est de recréer un écosystème qui s'autosuffit par une symbiose de plusieurs espèces de plantes, d'insectes et de champignons. Geoff Lawton a prouvé au début des années 2000 qu'il est possible de reverdir le désert en Cisjordanie avec seulement un cinquième de l'eau nécessaire à l'agriculture par irragation conventionnelle.

La technique consiste à creuser une tranchée qui récolte les retombées des pluies, assurant ainsi une réserve d'eau à l'année longue. Sur chaque côté de la tranchée, des buttes couvertes de compost et de restes de cultures précédentes - qui auraient été brûlées normalement - sont reconverties en nutriments pour le sol. Des arbres fruitiers et autres types de cultures sont alors plantées en étages le long de la berge et irriguées par un système de compte-gouttes allant directement aux racines. À mesure que le temps passe, le sel emmagasiné dans le sol vient à être éliminé par des champignons et des insectes, rendant à nouveau le sol fertile. La terre, même après avoir été abandonnée pendant 5 ans par manque de fonds, a conservé toute sa vitalité. C'est ce qu'il a pu constater à son retour en 2009. Pour plus de détails, voici un lien qui relate l'épopée : 

 


 

 

Un autre exemple de permaculture à l'oeuvre, cette fois-ci par Willie Smits, qui, en 4 années et la collaboration de plusieurs familles d'agriculteurs, a restauré une plaine quasi-désertique en 500 acres de forêt amazonienne : 

 


 

 

Sinon, certains préceptes de la permaculture ont été instauré à l'agriculture de certains pays du tiers-monde. Cette technique, l'agroécologie, combine les propriétés de plusieurs plantes pour augmenter par 5 fois le rendement de l'agriculture de subsitance - si l'on se met dans le contexte que l'agriculture commerciale augmente cette capacité de 10 fois. Mais c'est entièrement biologique, dont une bonne piste à explorer.


 


 

 

Solution #2 : Progrès technologiques et rendements optimisés

Voici comment une simple roue creusant des sillons semblables à une gauffre parvient à éviter l'érosion prématurée des sols, en plus de ne pas compacter la terre et à conserver l'eau bien répartie. Cette invention augmente l'efficacité d'un sol de 30 % selon les chiffres.

 

 


 

 

http://www.terramanustech.com/

 

Sinon, la réorganisation des sols en modèle circulaire et une simple invention permet de pratiquer l'agrocircle, permet de réduire l'effort fourni par un simple agriculteur de 70 % en plus d'éliminer les émissions de gaz à effet de serre. La vidéo est sous-titrée en anglais.


 


 

 

Il est également prouvé par une étude de McGill que le rendement pourrait être optimisé si les cultures sont adaptées selon les climats. Certaines cultures de maïs à travers le monde ne fournissent que de 20 à 40 % de rendement, alors qu'elles pourraient en fournir 100 %. 

 

Solution #3 : Champignons et bactéries

 

L'agriculture industrielle utilise de nombreux fertilisants chimiques à base d'azote pour produire du nitrogène, ce qui a assuré le rendement commercial que l'on voit de nos jours. Même si jusqu'à maintenant nous avons pu nourrir la population mondiale actuelle (même au-delà si l'on comptabilise le gaspillage éhonté), cela n'a pas été sans aléas. Ces fertilisants, en se déversant dans nos cours d'eau, contribuent à la propagation des algues, ce qui cause des zones mortes pour la biodiversité.

 Ce qui est important de trouver, ce sont de nouvelles méthodes pour améliorer le rendement des plantes, tout en capturant davantage de Co2 pour que les sols se regénèrent.

 

Eh bien, n'ayez crainte, des recherches sont déjà en cours, avec des résultats pour le moins stupéfiants.

 

Les champignons contribuent largement à la conversion des matières organiques en nutriments pour le sol, et donc par intérim pour les plantes. Voici comment, avec l'aide de certains types de champignons, l'on pourrait revitaliser les sols dégradés, recréer des écosystèmes en laissant la nature se regénérer et créer des pesticides naturels en plus d'antibiotiques. Encore mieux, ces champignons pourraient être utilisés pour nettoyer les sols après un déversement de pétrole.  Il faut le voir pour le croire. Ces recherches, effectuées par Paul Stamets, sont très prometteuses.


 


 

 

Mais, pourquoi se limiter seulement à des recherches alors que des résultats démontrent clairement une nette amélioration au rendement des cultures ? Voici une vidéo de TED (comme de nombreuses autres précédemment), animée par Guy Webb,  montrant des techniques qui favorisent l'extension des racines des plantes et utilisent des bactéries et champignons pour regénérer le sol en capturant le Co2. Ici, ils passent d'une capture de l'agriculture conventionnelle de 1,5 tonnes de Co2 par hectare à 281 tonnes de Co2 par hectare... Ça donne à réfléchir.


 


 

 

En conclusion, certes, beaucoup de chemin reste à faire, mais ces découvertes ne sont que la pointe d'un icerberg de possibilités. Imaginez les progrès accomplis en à peine 20 ans. Imaginez une autre période de temps semblable, et la vitesse à laquelle notre technologie évolue. L'avenir ne sera pas aussi noir qu'on veut bien le laisser entendre. Au lieu de regarder un problème et de laisser quelqu'un d'autre s'en charger, au contraire, les mariages d'idées seront la panacée aux enjeux auxquels l'humanité devra faire face dans les années à venir.

 

Vincent Blanchette

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-ecologique-et-intensive-c-est-possible-96994846.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-l-agro-ecologie-pour-nourrir-le-monde-68978808.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-zoom-sur-l-agroforesterie-hexagonale-99288591.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-agro-ecologie-au-verger-de-la-blottiere-71679013.html

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