Une sortie pour réhabiliter les « mauvaises herbes » en ville

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

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L'enfant à la chélidoine.

 

Cet après-midi, l’association « Loiret Nature Environnement » a organisé une sortie à la découverte des « mauvaises herbes » dans le quartier Saint-Marceau (Orléans-Sud).

Une vingtaine de participants ont arpenté les bords de trottoirs lors de cette sortie insolite, où ils ont pu découvrir tout un tas de secrets méconnus sur ce qu’on appelle dédaigneusement les « mauvaises herbes ».

 

Des herbes qui sont souvent utiles à des degrés divers, et qui peuvent raconter de nombreuses histoires.

 

 

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Tige d'Amarante couchée.


Des histoires culinaires, comme celles de l’Amarante couchée, des Plantains et de la Morelle noire, dont les feuilles peuvent être cuisinées à la poële (plat appelé « brèdes » chez les Créoles), de l’Ortie, appréciée en soupe, ou bien celles des Pourpiers et Pissenlits, excellents en salade.

Savez-vous, à ce propos, que l’on peut – sans jeu de mots – manger des pissenlits par la racine ? Les racines de cette plante peuvent en effet être cuisinées à la poële ou bien torréfiées, produisant alors un succédané de café !

 

Des histoires médicinales, avec de nombreux végétaux utilisés sous forme de médicaments, tel le Coquelicot, somnifère (c’est un cousin du Pavot à opium, en moins puissant), ou le Plantain, qui peut se frotter sur les piqûres de moustique ou d’ortie.

Mais il faut faire attention, car certaines plantes peuvent être toxiques pour l’homme ou le bétail. Souvenons-nous des Grecs anciens, pour lesquels le « poison » et le « remède » étaient désignés par le même mot : pharmakon.

 

Des histoires vestimentaires, avec de surprenantes plantes aux propriétés textiles (la fibre d’Ortie servait à fabriquer des couvertures et des toiles !) ou lavantes (le Lierre, le Cornouiller sanguin ou la Saponaire [dont l’étymologie, du latin saponem, est la même que celle du savon]).

 

Des histoires de voyages, avec des plantes venues d’ailleurs tel le Buddléia (« arbre aux papillons ») venu de Chine ou bien la (moins connue) Vergerette du Canada, qui a débarqué en Europe au 17ème siècle dans des cargaisons de peaux de castors !

Bien qu’assez envahissante, cette dernière n’est pas aussi inutile qu’elle en a l’air : elle a des vertus diurétiques, anti-rhumatismales et anti-inflammatoires.

 

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Inflorescence de Buddleia.

 

Des histoires mythologiques, avec l’Armoise (dédiée à Artémis, déesse de la féminité : elle était utilisée pour accélérer la venue des règles) et la virile Achillée (associée au héros Achille, qui passait pour avoir soigné un guerrier blessé avec cette plante : on l’appelait aussi l’herbe aux charpentiers, l’herbe aux menuisiers ou encore l’herbe aux militaires).

 

 

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Ma compagne Sandrine : la plus belle fleur de la sortie !

 

Des histoires de résilience enfin, avec des espèces comme la Porcelle enracinée (cousine du Pissenlit), dont la couronne de feuilles au ras du sol résiste victorieusement aux tondeuses, ou bien encore avec toutes ces plantes qui se réapproprient le moindre centimètre carré de fissure dans le goudron !

 

 

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Résilience végétale...

 

La ville d'Orléans (qui a signé la charte Zéro Pesticide) est très intéressante pour découvrir les plantes sauvages en ville.

Loiret Nature Environnement y organise régulièrement, ainsi que dans d’autres villes du département, des sorties sur le thème des herbes sauvages en ville, vous pouvez consulter le programme ici.

 

Ville-sans-pesticides.jpgVille sans pesticide !

 

Alexis Vernier

 

P.S. Remerciements à Didier CNOCQUAERT, qui nous a fait découvrir et partager tous ces secrets de plantes !

 

Photographies : Alexis Vernier.

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