SENEGAL – Quand la reforestation avance…

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

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Située au Nord-Est du Sénégal, la région du Ferlo est une des plus sèches du pays ; elle est frappée par le processus de désertification qui touche toute l’Afrique sahélienne depuis plusieurs décennies.

 

Et pourtant, elle est un des lieux d’implantation d’un grand projet de restauration écologique, celui de la Grande Muraille Verte, initié en 2007 par l’Union africaine et qui vise à implanter un couloir d’arbres de 7 600 km de long, entre Dakar et Djibouti.

Pour l’heure, le Sénégal est le premier pays à avoir commencé la concrétisation de ce projet (depuis 2008), avec la création de pépinières gérées par les communautés locales.

 

Toutefois, il ne faut pas imaginer une forêt dense, mais plutôt un couloir d’arbres adaptés à une certaine sécheresse et susceptibles de freiner la progression du désert. Les essences choisies ont été retenues en fonction de leur résistance écologique, mais aussi de leur utilité pour les habitants afin que les plants ne soient pas coupés : des acacias producteurs de gomme arabique, des dattiers du désert* et des jujubiers pour leurs fruits comestibles…

 

Chaque parcelle –d’une superficie allant de 500 à 2 000 hectares– sera entourée de clôtures pendant 5 ans, les éleveurs pourront y accéder au moyen d’un laisser-passer.

 

Le projet de reboisement se double d’initiatives de revalorisation des cultures maraîchères, comme à Widou, où 300 femmes ont appris à cultiver des fruits et légumes sur un jardin de 7 hectares ; désormais, elles les produisent et les vendent sur les marchés locaux.

Madame Fatou Aïdara, présidente de la commission maraîchage, annonce viser l’autonomie « d’ici à trois ans ».

La venue d’instituteurs et de médecins originaires de l’université Cheik Anta Diop de Dakar (UCAD) est également attendue dans les villages, où certains habitants n’avaient parfois jamais vu de docteur !

 

L’adhésion des habitants est nette mais une inconnue reste la capacité de reconstitution des sols (qui a justifié un élargissement des distances entre chaque arbre planté, pour limiter la compétition entre les plants).

Mais, pour l’heure, la reforestation progresse de 5 000 hectares (50 kilomètres carrés) par an dans la région ; c'est encore peu mais cela n'avait jamais été vu dans l'histoire du Sahel sénégalais.

 

 

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Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/06/17/une-muraille-pour-verdir-le-sahel_1537435_3244.html

http://fr.canoe.ca/infos/environnement/archives/2011/06/20110604-182603.html

http://www.afriqueavenir.org/2011/05/26/lutte-contre-la-desertification-le-projet-d%E2%80%99une-grande-muraille-verte-a-travers-toute-l%E2%80%99afrique-progresse/

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-senegal-la-mangrove-ressuscitee-vu-a-la-tv-57026606.html

 

Alexis Vernier

 

* à ne pas confondre avec les palmiers dattiers.

 

Illustration : reforestation au Cameroun.

Photo Trees ForTheFuture / Wikimedia Commons.

Publié dans Forêts et bois

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