PEROU – Reboisement dans une coopérative de cacao

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

Peru.png 

 

 

Si l’on parle souvent des menaces diverses qui pèsent sur l’Amazonie, de nombreuses communautés locales, au Pérou comme dans les autres pays, prennent leur destin en main et y développent l’agroforesterie, qui combine production agricole (café, cacao…) et maintien du couvert forestier.

 

La coopérative de producteurs de cacao Acopagro, née dans les années 1990 au plus fort de la « guerre de la coca » (donc dans un climat de tension entre producteurs de coca et militaires) est de celle-ci.

Quelques agriculteurs ont accepté de se convertir à l’agroforesterie, avec le soutien de l’ONU et malgré le climat de violence, les interventions policières et militaires, la pollution des eaux par les usines de cocaïne clandestines.

 

Ce temps est loin ! Aujourd’hui, 1 500 agriculteurs ont rejoint Acopagro, et 1 500 autres souhaitent y adhérer, preuve qu’un autre mode de développement est non seulement possible, mais tout à fait réaliste.

 

Si les produits Acopagro ont trouvé des débouchés*, les revenus de la culture du cacao sont désormais doublés d’une campagne de reboisement, financée par des entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions de gaz à effet de serre (par exemple Vittel, qui a acheté 350 000 plantons en 2010).

Quoi qu’on puisse en penser, ce sont des arbres d’essences menacées (acajou, bolaina, capirona…) ou précieuses (teck, cèdre rouge…) issus de pépinières locales qui reprennent place sur les sols de la région.

Les arbres devraient permettre de doubler le rendement des cacaoyers, en les protégeant de l’ensoleillement, et en retenant l’eau et les nutriments présents dans les sols.

Les bois comme le teck pourront aussi être coupés et vendus d’ici une dizaine d’années, ce qui fournira un revenu complémentaire aux communautés.

 

L’action d’Acopagro ne s’arrête pas là : la coopérative vient de se faire déléguer, pour 40 ans, la gestion de 260 000 hectares de forêt vierge par l’Etat péruvien, qui n’a pas les moyens de la surveiller. Ces espaces permettront de générer d’autres revenus, liés aux crédits carbone pour ce que l’on nomme la « déforestation évitée » et à l’écotourisme, qui permettront d’embaucher des gardes forestiers ou encore d’aménager un parc botanique et de promouvoir la culture des plantes médicinales traditionnelles.

 

 

800px-South_American_Jungle_SG.jpg

 

Source : http://www.neo-planete.com/2011/06/04/la-reforestation-cest-le-perou/

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-equateur-quand-les-employes-publics-plantent-la-foret-des-nuages-71227886.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-equateur-les-communautes-locales-incitees-a-proteger-la-foret-58406133.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-equateur-un-chemin-de-fleurs-dans-la-foret-58555036.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-equateur-les-indiens-quechua-defendent-leur-ecosysteme-59123935.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-fidji-1-million-d-arbres-plantes-pour-le-futur-des-iliens-76068734.html

 

Alexis Vernier

 

Illustration : la forêt tropicale du Pérou.

Photo Sascha Grabow / Wikimedia Commons.

 

* Note : en France, les produits Acopagro sont notamment distribués sous la marque Alter Eco.

Publié dans Forêts et bois

Commenter cet article