Pascal BRUCKNER et le fanatisme de l’Apocalypse

Publié le par Le blog de l'écologie positive

Il l’a dit ! Dans une interview donnée au Journal du Dimanche, l’écrivain Pascal Bruckner s’insurge contre les fantasmes / fanatismes d’une certaine vision de l’écologie, celle qui est basée sur la peur et les prédictions catastrophistes.

 

« C’est l’idéologie dominante de nos sociétés occidentales. On nous culpabilise sur un futur effrayant. […] »

 

Si M. Bruckner explique ensuite que la cause écologique est légitime, il décrit ensuite d’une manière acerbe les déviances de « l’écologie politique » notamment en France : « J’ai voté "vert" pendant vingt ans. C’est une cause utile et légitime. Mais elle prend un mauvais chemin. Elle n’engage aucune politique d’ensemble. Le mouvement des Verts est frappé d’apathie. Son discours n’est ni crédible ni entraînant. »

 

La faute à quoi ? A une doctrine exclusivement basée sur des théories, des spéculations, et qui n’envisage pas d’action sur le « vrai » monde : selon M. Bruckner, « les écologistes sont tiraillés entre un pôle ultra-individualiste et un fonctionnement sectaire avec ses rituels mais sans volonté d’agir sur le réel. »

C’est une idéologie de la frustration, de l’auto-flagellation, de la haine de soi et de l’Humanité, plutôt que le moyen de lutter contre des risques (réels) et le vecteur d’émancipation qu’elle devrait être pour chacun.


« L’écologie s’enracine sur un sentiment d’angoisse et fleurit avec un vent de panique. Idéologie de la fin d’un monde, elle est devenue l’idéologie de la fin du monde. »

 

M. Bruckner ose même un parallèle entre le catastrophisme écolo et l’intégrisme religieux : « le marxisme est une hérésie laïque du christianisme, l’écologie est une version laïque d’hérésies chrétiennes. » En tout cas cet « écologisme » est par essence replié sur lui-même et n’existe que par rapport à des catastrophes souvent potentielles  « le discours catastrophiste ressemble à un désir de catastrophe ».

Il est à noter que, contrairement au marxisme de naguère, il n’envisage jamais l’avenir de l’Humanité sous un jour positif (sauf sous des conditions quasiment irréalisables et ouvertement tenues pour utopiques).

 

 

Abstraite et stérilisante, pessimiste, passéiste, complaisamment morbide et fondamentalement conservatrice (comme je l’avais indiqué dans un précédent article), cette vision de l’écologie est également teintée d’un certain racisme, témoignant d’un complexe d’infériorité-supériorité de l’Occident en crise face au reste du monde : Chine, Inde, Amérique latine, Afrique. « L’écologie est aussi la complainte d’un Occident battu à plate couture par ses anciennes colonies. » Au lieu de rassembler les peuples, cette écologie les divise, exacerbe les ressentiments entre eux. Et elle participe (sans en être, et de loin, le seul élément constitutif) au courant de pessimisme qui gangrène la France et l’Europe.

 

Ces quelques citations (entre autres) démontrent la nécessité de diffuser et soutenir une culture de l’écologie positive, une écologie qui ne s’appuie pas sur une théorie pompeuse et vermoulue, une écologie optimiste, constructive, concrète, dynamique, consciente et confiante, ouverte sur le Monde (et sur l’Autre) et capable d’offrir à notre « Vieux Continent » de nouveaux horizons.

 

Source : http://www.lejdd.fr

 

Alexis Vernier

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