La « généalogie de la morale » écolo (et l’heuristique de l’espoir)

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

Un article très intéressant de M. Stéphane François, historien des idées et politologue, publié sur le site ReSPUBLICA, propose de mieux comprendre la logique pessimiste inhérente à tout un pan du mouvement « écologiste », une inclination paradoxale pour un mouvement qui est censé défendre la VIE (et qui se limite trop souvent à déplorer la mort, voire à se complaire dans le culte du « Meurtre de la Terre »), et qui est surtout contre-productive, surtout lorsqu’on recherche à l’appliquer dans le domaine politique (écologie dite politique).

 

Morceaux choisis de cette « généalogie de la morale » revigorante :

 

« Une partie des origines du mouvement écologiste contemporain est à chercher au sein de mouvements issus du romantisme politique, tels certains courants de la « Révolution Conservatrice » allemande, comme les völkisch, les mouvements de réforme de la vie, le Lebensreform […] »

 

Plus encore que son homologue français, le romantisme allemand a été marqué par un rejet des villes et du progrès technique, et une idéalisation de la pureté ethnique ; il a d’ailleurs été une des bases idéologiques (mais pas la seule) du nazisme.

 

Croisée au déterminisme historique de Hegel et Marx, cette vision éminemment conservatrice (pourtant souvent revendiquée par des partis placés « à gauche ») est intrinsèquement pessimiste, puisqu’elle suppose un déclin moral de l’Humanité et un déclin écologique de la Planète, corrélé au « progrès » technique.

 

Elle vient s’opposer à la philosophie des Lumières et à son héritage, marqué par la foi en l’Homme et en le progrès technique (accordons que le culte de la technologie, qui atteignit son apogée entre 1900 et la première guerre mondiale, a parfois pu être naïf et abusif).

 

« Concrètement, la futurologie écologiste est une résistance à la technique, une technophobie, et doit être vu comme une peur d’aller trop loin et trop vite vers l’inconnu. »

 

Au cours du 20ème siècle, l’usage irraisonné ou potentiellement irraisonné de la technique, à commencer par les totalitarismes (nazi, soviétique…) et la détention de l’énergie nucléaire civile ou militaire, de même que les catastrophes technologiques comme Bhopal et Tchernobyl, ont rendu nécessaire une prudence face à la technologie et à l’usage qui en est fait.

 

Toutefois, le catastrophisme signe une autre forme d’abandon, voire d’abdication de la raison, face à la peur cette fois-ci.

 

« L’idéologie écologique signe la fin d’une autre [idéologie] : l’idéologie du progrès, issue de la philosophie des Lumières. L’avenir devient porteur d’inquiétudes et non plus de promesses. »

« Comme nous l’avons dit précédemment, ce catastrophisme, cette heuristique* de la peur, est présent dès les origines de l’écologie politique.

De fait, les écologistes, quelle que soit leur tendance politique, ont un trait psychologique marqué : ils refusent de faire confiance aux hommes et au temps. »

 

Cette vision figée devant la peur et les catastrophes se trouve dans l’écologie dite radicale ou profonde (qui revendique l’égalité de tous les êtres, un homme devenant l’égal d’un cafard par exemple), mais aussi dans l’écologie dite « politique », dont elle constitue le péché originel ; cela est d’autant plus grave qu’en tant que mouvement politique, elle vise à porter un projet pour la société tout entière.

 

Chez l’animal, la peur (par exemple, celle du lapin face au renard) entraîne une réaction de fuite ou de dissimulation. Chez l’humain, une réaction d'évitement, voire de déni ou de résignation.

La peur n’a jamais, à elle seule, permis à l’être humain d’affronter les périls qu’il rencontre (sauf lorsque le salut réside dans la fuite pure), et encore moins à se dépasser.

 

Et telle est la faille du discours dit écologiste : en se limitant à effrayer l’opinion face à des risques et dangers réels ou potentiels (« priez pour nous, pauvres pollueurs »), ce discours n’enthousiasme qu’un petit cercle de « pratiquants », peut angoisser et faire culpabiliser les simples « croyants » (mais sans rien leur apporter de positif ni de concret) et entraîne surtout un rejet des « sceptiques » et autres « athées » qui le nient ouvertement ou ne changent rien à leur vie tant que la catastrophe redoutée n’est pas arrivée.

 

Cela s’est particulièrement vu en 2009, lors du sommet de Copenhague sur le réchauffement planétaire, et dans les mois qui ont suivi (débat et abandon de la « taxe carbone » en France…).

 

« Malgré un positionnement souvent ouvertement de gauche, la pensée écologiste la plus radicale, par les valeurs qu’elle promeut, reste donc assez largement une pensée conservatrice, très largement pessimiste et foncièrement antilibérale. En effet, les écologistes refusent de faire confiance aux hommes et à l’idée de progrès. »

 

La messe est dite.

 

Après avoir démystifié les fantômes de la pensée « écologiste », il reste à dépolluer cette pensée de ces démons, qui la paralysent et l’empêchent de penser et surtout d’agir efficacement, pour construire une société respectueuse de l’humain et de la nature.

 

Comment ? En diffusant des messages de VIE plutôt que de MORT, et en mettant en parallèle à cette « heuristique de la peur » une « heuristique de l’espoir ».

En faisant la promotion des actions positives et de protection de l’environnement, ici et ailleurs, au Nord et au Sud, sans distinction de religion, de classe sociale ou de régime politique. En les appliquant à l’échelle de son foyer, mais aussi dans la vie d’entreprise, associative ou politique que chacun de nous peut avoir.

 

L’article de ReSPUBLICA : http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/l%E2%80%99ecologie-un-refus-des-lumieres/2630

 

Lire aussi l’article suivant : http://www.electron-economy.org/article-32606586.html

 

Alexis V.

 

* L’heuristique se définit comme une méthode de résolution des problèmes basée sur la recherche de découvertes.

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