JAPON – Comment abandonner discrètement l’énergie nucléaire en 14 mois

Publié le par Le blog de l'écologie positive

Japan

 

Le 11 mars 2011, le Japon était frappé par un séisme et un tsunami d’une rare violence qui ont conduit à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Mais, au-delà, ce cataclysme a débouché sur un abandon tacite et quasi-total de l’énergie nucléaire dans le pays, un pays qui a décidément vu le nucléaire comme une malédiction (il l’a découvert en pleine guerre, avec la bombe atomique !), et auquel la plupart des citoyens est désormais opposée (d’autant plus que, contrairement aux Etats-Unis ou à l’URSS qui ont aussi essuyé des accidents nucléaires, l’espace disponible au Japon est très réduit).

 

Désormais, seuls un ou deux réacteurs (selon les sources) sont en fonctionnement au Japon, ce qui fait que le pays se passe des 30 % d’électricité nucléaire dont il disposait avant la funeste date de mars 2011. Contrairement à d’autres pays qui ont pris des engagements officiels (Allemagne, Suisse, etc…) ou qui connaissent au moins un débat politique national (France, etc…), la sortie du nucléaire est restée discrète, sans déclaration directe (par simple application d’une loi par laquelle le gouverneur de chaque province peut s’opposer au redémarrage d’une centrale arrêtée pour raison de maintenance, il va de soi que la loi s’applique de manière quasi-systématique depuis quelques mois).

Et il est probable que d’ici le mois de mai, la production d’énergie nucléaire sera nulle dans le pays, par arrêt des derniers réacteurs.

 

Mais ce n’est pas tout : ce pays, qui compte 128 millions d’âmes et représente la 3ème puissance économique mondiale (et qui a su se relever de plusieurs coups très violents depuis un siècle), n’en est pas pour autant revenu à la bougie. Et (malgré une hausse de l’importation de combustibles fossiles, notamment dans les premiers mois suivant la catastrophe) il n’a pas non plus fait construire de grandes centrales à pétrole, gaz ou charbon pour compenser la baisse de production énergétique.

Les investissements dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie…), à laquelle la recherche japonaise s’intéressait déjà depuis de nombreuses années, ont également le vent en poupe depuis quelques mois.

La principale solution choisie est cependant celle de sacrifier le gaspillage et de faire des économies d’énergie (la ressource la moins polluante qui soit !) : le Tohôku, région la plus touchée (et dans laquelle se trouve Fukushima) a connu en 1 an une baisse de sa consommation d’électricité de l’ordre de 18 %.

 

Nul ne peut prédire l’avenir : mais les choix énergétiques du Japon témoignent en tout cas d’une évolution étonnante, qui deviendra peut-être un cas d’école dans les années/décennies à venir.

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-le-nucleaire-prend-la-pause-dans-plusieurs-pays-69578762.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-japon-fukushima-change-les-mentalites-des-jeunes-101455966.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-japon-une-sieste-pour-reduire-la-consommation-d-energie-77189262.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-japon-economiser-l-electricite-en-s-habillant-leger-75433398.html

 

Alexis Vernier

Commenter cet article