IRAK – Redonner vie au « Croissant Fertile »

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

Iraq

 

 

Situées aux limites des climats méditerranéen, continental et désertique, les zones humides de l’Irak sont très riches en biodiversité. Elles ont également contribué à la prospérité des civilisations de Mésopotamie, et ce durant des milliers d’années, en procurant de l’eau et de la nourriture aux habitants.

 

Pourtant, ce sanctuaire naturel compte actuellement parmi les moins connus au monde.

Plusieurs raisons à cela : d’abord, les conflits récurrents en Irak depuis plusieurs décennies rendent le pays très peu attractif pour les voyageurs et les scientifiques étrangers ; plus grave encore, d’immenses surfaces de zones humides ont été asséchées dans les années 1980-90 sous le régime de Saddam Hussein, pour priver les tribus locales (rebelles) de leur subsistance.

 

Depuis 2003, le renversement de Saddam Hussein, bien que très contestable sur le plan politique*, a au moins eu comme effet positif de rendre possible la restauration des marais disparus.

 

Des ONG comme Nature Iraq ont pu remettre en eau 40 % des zones humides originelles, permettant le retour de la végétation et de la faune, des ressources agricoles et halieutiques des populations locales, et l’augmentation de populations d’espèces parfois uniques au monde, comme la Rousserolle d’Irak Acrocephalus griseldis et le Cratérope d’Irak Turdoides altirostris (deux passereaux qui ne vivent qu’au Proche-Orient, principalement dans ce pays).

 

D’autres animaux rares et menacés y ont fait un retour en nombre, comme la Sarcelle marbrée Marmaronetta angustirostris, un petit canard localisé sur quelques points du Bassin méditerranéen et de l’Asie occidentale. Durant l’hiver 2010, 46 000 oiseaux ont été décomptés dans les marais de l’Irak, ce qui représente le double… de la population mondiale de l’espèce telle qu’elle était estimée jusqu’alors !

 

 

Marbled Teal (Marmaronetta angustirostris) (2)

 

Toutefois, des menaces persistent au-dessus de la renaissance des marais. La plus grave étant la salinisation progressive des sols due à des barrages installés en amont, qui ont perturbé le cycle de l’eau et les crues printanières.

 

Pour contrer ces nouveaux risques, Nature Iraq entreprend actuellement la construction d’une digue sur les berges de l’Euphrate, permettant le maintien des précieuses eaux dans la vallée, jusqu’à ce que soit démoli un des principaux canaux de drainage construit pour assécher les marais, ce qui pérennisera l’apport en eau.

 

Si le travail de restauration des marais est loin d’être achevé, gageons que ces efforts méritoires contribuent à donner un nouvel essor à un pays qui en a bien besoin…

 

Sources (article et vidéo) : http://www.birdlife.org/community/2011/01/miracle-in-the-marshes-of-iraq/

 

Alexis Vernier

 

* cette intervention, menée sous le commandement militaire des Etats-Unis, a notamment menacé la cohabitation entre les différentes communautés ethniques et religieuses en Irak (que le régime de Saddam Hussein avait préservée par la force), la stabilité politique et le statut des minorités (notamment chrétiennes) dans les pays voisins, et continue de le faire.

 

Illustration : la Sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris), espèce menacée au niveau mondial, est (re-)devenue le symbole de la restauration des zones humides en Irak.

Photo Ken Billington / Wikimedia Commons.

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