INTERNATIONAL – Quelques oiseaux moins menacés...

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

United Nations

 

 

 

Régulièrement, des « listes rouges des espèces menacées » paraissent et les médias en font de plus en plus état, au moins pour évoquer le sort des espèces « en voie de disparition » et de plus en plus menacées.

Pourtant, le tableau n’est pas noir et il s’éclaircit pour certaines espèces, y compris celles qui causaient le plus de préoccupations dans les dernières années ou dizaines d’années.

Nous allons retracer les bonnes nouvelles du classement établi pour les oiseaux en 2010 par l’ONG « Birdlife International ».

 

Il y a d’abord les espèces certes globalement en diminution, mais dont le déclin est moins sévère que prévu, comme le Faucon sacre Falco cherrug des plaines d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, ou le Drongo de Mayotte Dicrurus waldenii (passés tous deux de « en danger » à « vulnérable »), le Faisan d’Elliot Syrmaticus ellioti de Chine (qui passe de « vulnérable » à « presque menacé »), ou celles qui sont protégées par leur habitat, telle  la Timalie de Herbert Stachyris herberti, qui dispose d’un milieu de vie sûr dans les massifs impénétrables de karst d’Asie du Sud-Est, et qui passe de « presque menacée » à « préoccupation mineure », ou encore celles qui s’adaptent contre toute attente à la dégradation de leur milieu de vie, tel le Picume ocré Picumnus limae, petit cousin des piverts, endémique d’une petite région du Brésil, qui s’adapte aux forêts dégradées et même aux zones urbaines, et qui franchit deux échelons, passant de « vulnérable » à « préoccupation mineure ».

Le cas le plus inattendu est celui du Râle des genêts eurasien Crex crex, dont le statut passe de « presque menacé » à « préoccupation mineure » ; si l’oiseau est en fort déclin en Europe de l’Ouest, il est stable voire en augmentation dans les steppes russes et kazakhes, qui abritent la grande masse des effectifs de l’espèce.

 

Le monde des oiseaux de mer offre de belles surprises, avec deux Albatros considérés comme moins menacés qu’auparavant : l’Albatros de Laysan Phoebastria immutabilis, à nouveau en progression après un déclin à la fin des années 1990, passe de « vulnérable » à « presque menacé » ; son cousin, l’Albatros des Chatham Thalassarche eremita, qui ne niche que sur une île au large de la Nouvelle-Zélande, peut lui aussi être considéré comme une espèce en rémission, il passe de « en danger critique » à « vulnérable », passant deux échelons de risque.

 

Et il y a enfin les espèces qui bénéficient avec succès des actions de conservation menées dans leur habitat : le Bouvreuil des Açores Pyrrhula murina en est un bel exemple.

Ne vivant que sur l’île de São Miguel, on le tenait pour une espèce au bord de l’extinction il y a quelques années à peine, notamment à cause de l’invasion de plantes exotiques incompatibles avec la présence de l’oiseau. D’une part, il s’est avéré que l’espèce était moins rare que prévu, d’autre part, la sensibilisation du public et la plantation de végétaux comestibles, à l’initiative de l’Union européenne et du gouvernement portugais, ont permis d’en augmenter les effectifs. Il passe de « en danger critique » à « en danger ».

Les politiques de conservation ne sont pas un luxe réservé aux pays les plus développés : en Colombie, le Conure à joues d’or Ognorhynchus icterotis, jolie perruche des vallées andines, suit le même chemin, passant de 81 à 1 000 oiseaux entre 1999 et 2009 grâce à la protection de son habitat et à des pratiques sylvicoles plus respectueuses de l’environnement chez les populations locales.

 

Source : http://www.birdlife.org/action/science/species/global_species_programme/whats_new.html

 

Alexis Vernier

 

Note : l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature  (UICN ou IUCN) classe le degré de menace des espèces animales et végétales comme suit, par ordre décroissant : éteint, éteint à l’état sauvage, en danger critique, en danger, vulnérable, presque menacé, préoccupation mineure.

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