INTERNATIONAL – Quand le plastique profite aux… insectes marins !

Publié le par Le blog de l'écologie positive

United Nations

 

On le sait, les plastiques en mer sont souvent nocifs pour la faune marine (tortues, dauphins, oiseaux, etc…) qui s’étouffe ou s’empoisonne en les ingérant ; aussi, de nombreux Etats et collectivités (la dernière en date : Hawaii aux Etats-Unis) ont pris des mesures pour les interdire ou au moins limiter leur usage.

 

Mais il peut arriver que, contre toute attente, cette pollution ait des effets positifs pour la faune ou au moins pour certaines espèces.

Tel est le cas d’espèces animales qui figurent parmi les plus étranges mais aussi parmi les moins connues de la planète : les insectes marins ( Halobates spp.).

Oui, vous avez bien lu, des insectes marins !

 

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Si les innombrables formes d’insectes ont conquis à peu près tous les écosystèmes terrestres et d’eau douce, très peu se sont aventurées dans l’eau de mer, laissant ces espaces à leurs cousins les crustacés (crabes, crevettes, krill…).

Mais une quarantaine d’espèces de punaises d’eau, les « halobates » ont choisi de se développer à la surface des océans.

Présentes depuis 45 millions d’années d’après les dépôts fossiles, elles sont restées uniques en leur genre parmi les insectes.

Les scientifiques les connaissent encore peu et ils ont entrepris quelques expéditions pour tenter d’en savoir plus sur elles.

 

Dans le Pacifique Nord (et notamment dans la région du « Gyre », une zone envahie par les déchets plastiques flottants d’origine américaine ou asiatique), ils s’attendaient à ce que ces espèces étranges soient totalement perturbées par la pollution.

En fait, leurs effectifs ont augmenté depuis les années 1970-80, probablement parce que ces insectes, qui pondent leurs œufs sur les débris flottants (coquillages, morceaux de bois, plumes d’oiseaux…), se sont habitués à le faire sur les plastiques.

 

Les mêmes observations ont été réalisées au large des côtes brésiliennes.

 

Au-delà du cas isolé de ces insectes, étranges mais sans doute (et jusqu’à preuve du contraire) peu intéressants pour l’Homme (ni utiles ni beaux), la progression des punaises halobates pourrait avoir des effets positifs sur d’autres espèces, comme les crabes et certains oiseaux qui se nourrissent des punaises et de leurs œufs.

 

Source : http://saveecodestinations.com/2012/05/plastic-pollution-helps-marine-insects-thrive/

 

Alexis Vernier

 

Illustration : un spécimen de l'espèce Halobates keyanus.

Photo Michael F. Schönitzer / Wikimedia Commons.

 

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