INTERNATIONAL – La biodiversité, un atout pour les Abeilles

Publié le par Le blog de l'écologie positive

United Nations

 

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Si l’on parle très fréquemment du déclin des abeilles à travers le monde, on évoque bien moins souvent les ressources biologiques dont notre Apis mellifera dispose en elle, et qui pourraient être en mesure de la faire triompher des divers maux qui l’accablent.

 

Il faut d’abord indiquer que, si l’épandage de certains pesticides (voire certains OGM) a bien évidemment un effet négatif sur cette espèce (et sur les insectes pollinisateurs en général), d’autres menaces moins médiatisées pèsent sur les Abeilles : des acariens parasites (comme le tristement célèbre Varroa destructor) et aussi la sélection artificielle, qui a privilégié la productivité au détriment de la diversité génétique, y compris des gènes de résistance aux prédateurs, maladies, aléas climatiques...

 

Et c’est là que les races « rustiques » ou « ensauvagées » d’abeilles peuvent s’avérer très utiles. Bien que souvent plus agressives, elles démontrent une résilience naturelle bien meilleure.

Le Varroa tant redouté n’effraie pas certaines races : ainsi l’Abeille « russe », race de l’Abeille noire importée en Russie il a deux siècles, qui a subi une forte sélection naturelle du fait du climat, et qui est plutôt agressive.

D’autres races font de la résistance : aux Etats-Unis, c’est l’Abeille « noire-marron » (abeille échappée d’élevages, ET qui a résisté à une première infestation par le Varroa), en Espagne et au Portugal, c’est l’Abeille ibérique.

Plus étonnant encore : au Brésil, c’est « l’Abeille tueuse » qui pourrait re-devenir fréquentable. Il s’agit d’une race hybride qui avait été développée dans les années 1950-60 et dont l’élevage a été abandonné en raison de son extrême agressivité : elle a progressé vers l’Amérique centrale, puis vers le Sud des Etats-Unis. Un temps considérée comme un ennemi public*, cette variété plutôt féroce (elle pique en groupe, avec de 200 à 1 000 piqûres simultanées, et peut poursuivre un ennemi sur 1 kilomètre) pourrait bien, et dans un étonnant retournement de situation, devenir tôt ou tard une précieuse alliée des apiculteurs et de la biodiversité.

En tout cas, ce sont des Abeilles noires (comme les races russe et « noire-marron ») qui ont été les premières à démontrer leur résistance au Varroa en France.

 

La conservation de races de ce type (même éventuellement altérées par des hybridations), preuve vivante de la diversité génétique (= biodiversité) à l’intérieur d’une même espèce, garantit de nombreux avantages pour l’Abeille, l’environnement et l’Homme (robustesse des colonies, adaptation à l’écosystème et au climat, résistance aux ravageurs et aux maladies… et, en conséquence, soutien à l’agriculture et à l’environnement naturel) et peut suffire à constituer un potentiel de repeuplement en cas de décimation subite ou chronique.

 

Comme le rappelle le site www.anciela.info, « l’exemple de la valeur de la biodiversité chez l’abeille est un exemple manifeste de comment la biodiversité génère et conserve la biodiversité. »

En corollaire, ce site explique que « la productivité doit être considérée en termes de synergies de différents composants de l’environnement et non plus de produits individuels à « rationnaliser » et mettre sur le marché en quantités industrielles à des rythmes accélérés. »

 

Source : http://www.anciela.info/contain/article.php?id_art=139

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-canada-un-bon-hiver-pour-les-abeilles-quebecoises-73428403.html

 

Alexis Vernier

 

* Curiosité : les télévisions des Etats-Unis utilisent fréquemment, et de manière spécieuse, le terme « Africanized bees » pour qualifier ces abeilles, avec un sous-entendu raciste évident (= les envahisseurs venus d’Afrique qui détruisent nos abeilles « occidentales »), qui a même été dénoncé par le cinéaste Michael MOORE.

 

Illustration : une Abeille noire (Apis mellifera mellifera).

Photo Emmanuel BOUTET / Wikimedia Commons.

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