INTERNATIONAL – Après Fukushima, repenser les politiques énergétiques

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

United Nations

 

 

Depuis quelques jours, aucun article n’a été publié sur mon blog suite au terrible accident nucléaire qui frappe le Japon, face auquel il est très difficile d’évoquer d’autres sujets.

 

Toutefois, et avant de reprendre l’activité normale du blog, je vous propose aujourd’hui de parcourir une page du site Terra economica, qui a le mérite de proposer les bonnes réponses aux interrogations et aux craintes liées à cet accident.

 

Jusqu’à présent, la possession de grandes installations de production d’énergie étaient un signe de domination politique et économique pour les Etats qui les détenaient : de la puissante industrie pétrolière des Etats-Unis à « l’indépendance énergétique » à la française, en passant par le barrage des Trois Gorges en Chine (je ne parle même pas des centrales nucléaires de la défunte URSS).

 

« [Notre modèle énergétique actuel] est un héritage d’une époque récente où le développement technologique des pays dits industrialisés était avant tout un instrument de pouvoir, un reflet de la puissance et de l’autorité des Etats. Il est le révélateur d’une vision, d’une ambition, largement partagée entre élites politiques et élites technocratiques de l’époque, dans laquelle l’homme moderne se voit triomphant de la nature et de ses caprices. »

 

Pourtant, cet étalage de puissance cache une grande vulnérabilité : en cas de dommage survenu dans une grosse installation, le ravitaillement en énergie est perturbé à l’échelle nationale et, au pire, de très graves dommages peuvent être ressentis pour la sécurité publique et l’environnement, même dans des pays disposant de technologies de pointe et d’une population aguerrie et habituée aux risques, comme le Japon :

 

« Le Japon est un pays démocratique et développé, doté d’infrastructures et de savoir-faire technologiques de tout premier plan. Il était sans doute, et reste très certainement, le pays au monde le mieux préparé à une catastrophe comme celle qui vient de frapper. En matière de transparence et de sûreté nucléaire, il est aussi l’un des pays les plus en pointe au monde. Rien avoir avec l’Union Soviétique de 1986. »

 

Rappelons-le, « […] aucune technologie humaine n’est infaillible, que ce soit face aux risques naturels, ou aux défaillances humaines. »

 

La vulnérabilité est d’autant plus importante lorsque l’installation est placée dans une zone à risque, par exemple près d’une faille sismique et au bord de la mer.

Même bâtie selon des normes parasismiques, la centrale de Fukushima n’a pas résisté à la vague de 10 mètres de haut qui a submergé les côtes japonaises la semaine dernière.

 

 « Le nucléaire serait peut-être être la meilleure des énergies, si nous vivions dans un monde parfait. Son exploitation serait sûre si nous n’avions pas à craindre les conséquences de catastrophes naturelles, des plus prévisibles aux plus imprévisibles : séismes, tsunamis, inondations brutales, sécheresses extrêmes et prolongées […] »

 

Les risques induits par les grandes installations ne se limitent pas cependant aux centrales nucléaires :

 

« « Au delà du seul nucléaire, c’est la résilience d’un modèle énergétique centralisé et concentré qui est questionnée. Les risques industriels sont exponentiellement proportionnels aux puissances mises en jeu. Les risques de désorganisation, de déstabilisation et de rupture du réseau de distribution sont "proportionnels au cube" du niveau de concentration et de centralisation des moyens de production. »

 

Nous avons pu le constater lors d’accidents survenus sur des plates-formes pétrolières (Deepwater Horizon, l’année dernière…) ou bien à l’occasion de ruptures de barrages (souvenez-vous de Malpasset, dans le Sud de la France, pour les plus anciens d’entre vous).

Ces installations sont celles dont la destruction accidentelle est la plus dangereuse pour la sécurité publique et l’environnement.

 

Pourtant, les grandes installations de production d’énergie, potentiellement destructrices, ne sont pas une fatalité, et de nombreux signes laissent apparaître un modèle énergétique plus décentralisé.

 

D’abord, la nécessaire solidarité en cas de catastrophe, qui impose que les autres Etats mettent des moyens à la disposition de la nation sinistrée : cela touche bien entendu les pays en développement (Haïti, etc…) ou peu peuplés (Nouvelle-Zélande) mais aussi même, comme nous le voyons aujourd’hui, les plus grandes puissances économiques.

Ceci n’est d’ailleurs plus ressenti comme un affront à l’orgueil national (comme c’était encore le cas en 2005, lors du passage de l’ouragan Katrina aux Etats-Unis).

 

Ensuite, le développement de réseaux énergétiques régionaux, à l’échelle de l’Union européenne par exemple, qui oblige les Etats à ne plus raisonner seulement à l’intérieur de leurs frontières.

 

Enfin, la diversification des sources d’énergie :

 

« Dans ce modèle-ci, les risques inhérents aux fortes concentrations de puissance seraient inexistants, reposant sur des moyens de productions distribués, localisés près des lieux de consommation, exploitant au maximum les énergies « gratuites » que sont le vent, le soleil, la biomasse, l’énergie des vagues, ou celles du sous-sol. Sans oublier les « négawatts », cette énergie réellement propre au potentiel insoupçonné. »

 

Ce modèle énergétique, qui rapproche les citoyens-consommateurs des sources de production d’électricité (ou d’énergie au sens large), se rapproche d’ailleurs du mode de fonctionnement d’Internet :

 

« De même que nous avons su concevoir des infrastructures de communication décentralisées où, à l’instar d’internet, chacun est à la fois producteur, distributeur et consommateur, certains ont déjà mis en œuvre et démontré qu’il était plus réaliste et efficace d’adopter un modèle de production énergétique décentralisé. »

 

Ceci n’est pas une utopie, les signes d’espoir sont déjà là, partout dans le monde (comme le prouvent de nombreux articles de mon blog !), découvrez cette petite sélection d’articles :

 

En Afrique :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-afrique-future-terre-promise-des-energies-renouvelables-66675828.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-kenya-de-l-energie-renouvelable-dans-les-villages-64934528.html

 

En Asie :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-inde-des-pompes-a-eau-solaires-pour-les-villageois-60443728.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-chine-un-lyceen-qui-fait-des-vagues-63100511.html

 

En Amérique latine :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-l-amerique-centrale-se-tourne-vers-ses-volcans-58809033.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-bresil-fabio-rosa-heros-de-l-electrification-rurale-65919340.html

 

En Europe :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-royaume-uni-des-foyers-chauffes-a-la-biere-58808704.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-suede-recuperer-la-chaleur-humaine-en-gare-de-stockholm-65348110.html

 

… et en France :

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-une-ecole-ecolo-qui-produit-plus-d-energie-qu-elle-n-en-consomme-56748462.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-une-piscine-municipale-chauffee-par-les-eaux-usees-57146973.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-des-panneaux-solaires-pour-les-logements-sociaux-a-strasbourg-57969022.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-un-parc-eolien-municipal-premiere-nationale-65347832.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-une-hydrolienne-pour-ouessant-68577076.html

 

 

La source (article de Terra Economica) http://www.terra-economica.info/Centrale-Fukushima-accident,16254.html

 

Alexis V.

Publié dans Energies

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afrodeau1 16/03/2011 19:35


Bonsoir! Heureuse de "rencontrer" un compagnon de route ... merci d'avoir signalé mon blog... cependant l'intitulé exact est: "Citoyenne de Mondes"!
Belle route et à la prochaine rencontre!
Très Cordialement, Anne


Alexis 17/03/2011 08:25



Merci beaucoup ! L'intitulé de mes liens ne correspond pas toujours au "vrai" nom des sites et blogs.


Bonne continuations.


Alexis V.