INTERNATIONAL - 2012, année du retour pour 5 espèces menacées

Publié le par Le blog de l'écologie positive

United Nations

 

Bonjour, et bonne année 2013 à vous toutes et vous tous !

 

Je vais commencer cette année "dans le rétroviseur" en évoquant quelques exemples d'espèces qui (entre autres exemples) ont effectué un retour réjouissant en 2012.

 

Sea_lion_Resurrection_Bay.jpg

 

Parmi ces espèces plus ou moins connues du public, je vais commencer par l'Otarie de Steller (Eumetopias jubatus) du Pacifique Nord, géante du monde des otaries (un mâle adulte peut peser 1 tonne !). Si elle était considérée comme "en danger" depuis les années 1990 (et probablement avant compte tenu de son déclin causé par une persécution intentionnelle de la part des pêcheurs au milieu du 20ème siècle), elle a été reclassée comme "presque menacée", ce qui entérine l'augmentation de ses effectifs (désormais 143 000 têtes, essentiellement réparties entre la Russie, les Etats-Unis et le Canada).

 

Le Tigre (Panthera tigris), animal emblématique de l'Asie, fait aussi son retour : d'après la " Wildlife Conservation Society", les effectifs du grand fauve ont crû en Inde et en Thaïlande. Dans le premier pays, on compte par exemple 250 à 300 félins dans la chaîne des Ghats occidentales (Etat du Karnataka) soit 3 fois plus qu'il y a 30 ans; en Thaïlande, l'accroissement est plus modeste mais on trouve quand même 50 têtes dans les 2 700 km² de la réserve de Huai Kha Kaeng.

Après des mesures nationales (notamment en Inde et en Russie) qui ont connu un succès variable depuis les années 1960-70, le Tigre fait désormais l'objet d'un plan de protection international décidé en 2010 par les 13 pays où l'espèce vit encore à l'état sauvage : les actions comprennent un suivi des félins au moyen de caméras, des mesures de répression du braconnage et la création de réserves parfois transfrontalières (comme entre la Russie et la Chine du Nord, où l'espèce revient lentement après une éradication quasi-totale), et une coopération entre gouvernements, les organisations de protection de la nature et les populations locales.

 

Autre succès, celui du joli "Monarque de Rarotonga" (Pomarea dimidiata), un petit passereau endémique des îles Cook (Pacifique Sud). S'il est très rare (compte tenu de son aire de répartition très réduite), il est passé de "en danger critique d'extinction" (on l'a même cru éteint entre le début du 20ème siècle et les années 1980 !) à "en danger"  en 2000 puis à "vulnérable" en 2012. Sa population est d'environ 310 individus adultes (ils étaient environ 20 en 1983 !) grâce à un programme de protection.

Comme quoi "tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir", comme dit le proverbe !

 

Un revenant dans le monde végétal pourrait aussi en témoigner : l' Erythrina schliebenii ne se trouve que dans une petite région de Tanzanie, en Afrique de l'Est. Les premiers spécimens avaient été collectés dans les années 1930 mais l'espèce avait été perdue de vue pendant près d'un siècle (la forêt où ils vivaient a été rasée à une date indéterminée). Après plusieurs expéditions infructueuses, ce n'est qu'en 2001 qu'un responsable de l'université de Dar-es-Salaam, Frank MBAGO, en redécouvrit un spécimen. Aujourd'hui, une petite dizaine d'arbres a été comptée mais l'effectif est stable et la zone semble sûre. Souhaitons un bon rétablissement à cette plante miraculée !

 

Pour finir, une belle histoire d'une espèce pas très attractive a priori, celle du crapaud de Kihansi  Nectophrynoides asperginis, un petit amphibien également originaire de Tanzanie. Il ne vivait qu'en un seul endroit, sous la chute d'eau de Kihansi, où il était abondant (effectif estimé à 17 000 individus). Mais la construction d'un barrage sans doute associée à d'autres facteurs (maladies dont la sinistre chytridiomycose) ont fait disparaître les crapauds au début des années 2000. Heureusement, un programme de reproduction en captivité (incluant les zoos du Bronx et de Toledo aux Etats-Unis) à la demande du gouvernement tanzanien a permis de sauvegarder des souches saines (avec 6 000 crapauds élevés en captivité, y compris en Tanzanie). Dans les dernières années, des aménagements apportés au barrage (incluant des sprinklers) ont permis de reconstituer l'écosystème de la chute d'eau et, le 29 octobre 2012, 2 500 crapauds ont pu être réintroduits dans leur habitat d'origine.

 

Souhaitons encore mieux pour 2013 !

 

Alexis Vernier

 

Sources : http://www.care2.com/causes/tigers-make-a-comeback-something-to-roar-about.html

http://www.care2.com/causes/5-species-that-made-a-comeback-in-2012.html

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-les-efforts-de-conservation-de-la-nature-officiellement-reconnus-60195517.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-panama-une-arche-pour-des-amphibiens-menaces-109437151.html

 

Illustration : une Otarie de Steller (Eumetopias jubatus) dans la baie de la Résurrection (ça ne s'invente pas) en Alaska.

Photo Daniel HERSHMAN / Wikimedia Commons.

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Philippe A. 26/01/2013 17:16

Bonne année à vous. Puisse 2013 voir le retour à une situation moins préoccupante de nouvelles espèces menacées, voire proches de l'extinction.
Philippe