HONDURAS – Refuge en eaux profondes

Publié le par Le blog de l'écologie positive

Honduras

 

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Le Honduras fête ce mois-ci le premier anniversaire de la création d’un sanctuaire dédié à la protection des requins et de la faune marine.

Ce pays (dont le nom signifie « Profondeurs » ou "Eaux profondes" en raison des fonds marins observés par Christophe Colomb et les premiers navigateurs européens) a décidé de protéger près de 240 000 kilomètres carrés de ses eaux territoriales (= « merritoire »), qui ont la particularité de couvrir deux mers et océans (le Pacifique à l’Ouest, la mer des Caraïbes à l’Est) et d’abriter une faune marine très riche, qui comprend notamment plusieurs espèces de requins (requin-marteau, requin-tigre, requin-taureau ou encore requin griset) menacés par le commerce des ailerons pour les marchés asiatiques, mais aussi des coraux d’espèces très rares comme le Corail corne-de-cerf ( Acropora cervicornis), une espèce considérée comme « en danger critique d’extinction » et qui a quasiment disparu de la mer des Caraïbes. Le récif de Banco Cordelia, protégé dans les eaux honduriennes, abrite la plus grande population connue de cette espèce, ainsi qu’une frayère de poissons, parmi lesquels le Mérou de Nassau (Epinephelus striatus) ; c’est aussi une destination privilégiée pour l’écotourisme.

En juin 2011, sept autres récifs avaient aussi été découverts dans la Bahia de Tela, un autre secteur ; ils font désormais partie des zones marines protégée.

 

Dans ce secteur, la pêche, la vente et l’exportation des espèces protégées sont interdits ; les ailerons de requin et autres marchandises de ce type sont confisqués et détruits.

En parallèle à cette action policière (qui est nécessaire pour préserver le milieu marin), des actions de pédagogie et de sensibilisation des populations locales sont entreprises (d’autant que la pêche au requin n’est pas une activité « traditionnelle » des pêcheurs du Honduras, ni de sa population en général).

 

La politique de protection de la mer menée par le Honduras complète différentes initiatives mises en place à travers l’Amérique centrale (du Mexique au Panama) pour préserver le « corridor biologique méso-américain », une zone géographique à la biodiversité très riche.

Le Costa Rica, pays voisin du Honduras, a d’ailleurs émis le souhait de protéger son merritoire de la même manière.

 

Au niveau international, la plupart des espèces de requins n’est pas (encore) protégée, mais certains Etats ont institué, dans leurs merritoires, des sanctuaires destinés à leur protection : c’est le cas de l’Indonésie (site de Raja Ampat), des Bahamas, des Maldives, des îles Marshall, de Palau et de Tokelau.

 

Source : http://www.tierramerica.info/nota.php?lang=esp&idnews=4281

http://www.greenetvert.fr/2012/06/23/les-requins-et-les-coraux-menaces-trouvent-refuge-au-honduras/60942

 

Alexis Vernier

 

Illustration : un banc de Requins-marteaux (Sphyrna lewini).

Photo Seawatch.org / Wikimedia Commons.

 

Publié dans Mers et océans

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