FRANCE – Récupérer l’eau de pluie, mode d’emploi (MAJ du 01/07/2012)

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

France

 

 

En ce début d'été, il est utile de faire le point sur la récupération de l’eau de pluie, pratique utile pour faire face à des épisodes de sécheresse (comme celui qu'on a connu au printemps 2011 et plus souvent en été et début d'automne).

 

 

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Si elle est pratiquée depuis des milliers d’années par les populations rurales, elle est tombée en désuétude depuis le mouvement d’urbanisation qui a marqué la France (et le monde développé) depuis deux siècles.

Depuis quelques années, elle revient néanmoins sur le devant de la scène, car elle permet de faire des économies, de préserver les ressources en eau et d’amoindrir les dégâts liés aux fortes pluies en milieu urbain (inondations, débordements d’égouts, etc…).

Toutefois, la pratique doit être encadrée car les eaux de ruissellement peuvent être chargées en substances toxiques ou en micro-organismes pathogènes (ce qui la rend non-potable en général).

 

En France, c’est un arrêté du 21 août 2008 qui régit le stockage de l’eau de pluie et son usage.

L’usage de l’eau de pluie est autorisé pour le nettoyage des extérieurs, le lavage des sols, l’évacuation des excrétas (déchets biologiques) et, sous conditions, le lavage du linge.

Il est aussi autorisé pour les usages professionnels, à l’exception de ceux qui touchent à la consommation humaine et à la préparation des denrées alimentaires.

L’usage de l’eau de pluie est interdit dans les lieux fréquentés par des publics sensibles (hôpitaux, cabinets médicaux, crèches, écoles…).

 

Les robinets de soutirage d’eau de pluie sont interdits dans les habitations (en-dehors des caves, sous-sols et autres pièces annexes) pour éviter la confusion avec l’eau potable.

De même, les raccordements entre les réseaux de distribution d’eau de pluie et d’eau potable sont normalement interdits.

 

Les canalisations et points de distribution d’eau de pluie doivent correctement entretenus par le propriétaire, et être signalés par le pictogramme « eau non potable ».

 

Les agents des services de l’eau peuvent accéder aux installations privées de distribution d’eau afin que les lois et règlements propres à la distribution d’eau potable soient respectés.

 

Les eaux de pluie renvoyées vers les égouts sont soumises à la redevance d’assainissement, supportée par le propriétaire (c'est pourquoi les récupérateurs d'eau de pluie doivent être déclarés à la mairie).

 

Mais les travaux d’aménagement d’ouvrages de récupération des eaux pluviales exécutés entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2012 donnent lieu à un crédit d’impôt (en application de l’article 200 quater du Code général des impôts), à hauteur de 25 % du montant des dépenses éligibles (avec un plafond de 8 000 euros pour une personne seule et 16 000 euros pour un couple marié).

Pensez-y si vous faites votre déclaration de revenus !

 

En-dehors de ces aspects juridiques et fiscaux, de nombreux collecteurs d'eau de pluie sont disponibles dans le commerce, ils sont fabriqués dans divers matériaux (béton, polyéthylène...) qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Certaines personnes utilisent aussi des poubelles et autres récipients qui font office de collecteurs.

Les collecteurs peuvent être placés à l'extérieur (posés, hors-sol ou sous terre), mais il existe aussi des modèles de collecteurs qui peuvent être enterrés à l'intérieur de l'habitat.


Un récipient plastique de 500 litres se vend 50 euros, plus un kit de raccordement de 20 euros.

Une citerne de 10 mètres cubes (utile pour ceux qui ont un grand jardin) coûte 8 000 euros, plus des accessoires (filtre, pompe...) qui coûtent quelques centaines d'euros selon le système employé.

 

Dans tous les cas, la récupération de l'eau de pluie est économiquement intéressante puisqu'1 mètre cube d'eau coûte en moyenne 3,39 euros, et que de nombreuses communes sont assujetties à des arrêtés de restriction d'eau.

 

Avec un toit de 100 mètres carrés et une précipitation de 889 litres d'eau par mètre carré (précipitation moyenne en France, avec des écarts sensibles entre les régions et les années), il est théoriquement possible de recueillir 88,9 mètres cubes d'eau par an et d'économiser 301 euros d'eau (moins la redevance d'assainissement locale il est vrai).

 

Sources :

http://www.enerzine.com/604/12021+focus-sur-la-recuperation-de-leau-de-pluie+.html

http://www.consoglobe.com/dossier-recuperer-eau-pluie-economique-ecolo-3410-cg

http://www.ecofrugalproject.org/en/habitat/fiche-a-venir-recuperateur-deau-de-pluie

 

Lois et règlements applicables :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019386409&fastPos=6&fastReqId=650629833&categorieLien=cid&oldAction=rechTexte (arrêté du 21 août 2008)

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=681028A91B4D74E3AD03AFE00B5EA9F8.tpdjo06v_1?idArticle=LEGIARTI000024020688&cidTexte=LEGITEXT000006069577&categorieLien=id&dateTexte=20110518 (Code général des impôts, article 200 quater)

 

Alexis V.

 

Illustration : des dispositifs de récupération d'eau de pluie, au Brésil.

Photo AlmostBrazilian / Wikimedia Commons.

Publié dans Et chez vous...

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salaire plombier paris 26/01/2015 11:57

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Cordialement