FRANCE – Les bonnes nouvelles de la biodiversité en 2010

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

France

 

 

 

Le « baromètre de la nature » qui vient d’être publié dans le magazine « Terre Sauvage » offre (malgré un ton général plutôt alarmiste) quelques nouvelles encourageantes pour la biodiversité française : chez la faune terrestre, les mesures de protection ainsi que les changements dans les mentalités permettent un rétablissement progressif d’espèces menacées dans un passé proche, ainsi le Lynx Lynx lynx, qui compte environ 150 têtes dans les massifs de l’Est (doublement des effectifs par rapport aux années 1990), le Faucon crécerellette Falco naumanni (259 couples en 2009 contre 60 en 2000, dans les Bouches-du-Rhône et en Languedoc), et le Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus (60 couples en 2009 contre 27 en 2000, répartis en Corse et dans une aire en expansion du centre de la France, autour d’Orléans…).

 

Plusieurs projets d’aménagement nuisibles pour la biodiversité ont été abandonnées : chemin des « balcons du Mercantour » qui aurait été tracé au bulldozer à l’intérieur du parc national (!), circuit de Formule 1 à Flins (Yvelines), extraction de sable dans le Golfe du Morbihan, terminal méthanier du Verdon-sur-Mer (Gironde), Centre d’enfouissement des déchets de la Souterraine (Creuse).


Inversement, des collectivités et des propriétaires privés développent de plus en plus d’initiatives de protection de sites au niveau local. En Lorraine, les agriculteurs exploitant les prairies humides de Stenay bénéficient d’un « fonds biodiversité » en échange de pratiques respectueuses de l’environnement, ce qui profite au Râle des genêts (oiseau en danger en France), qui est passé de 1 à 31 mâles chanteurs entre 2001 et 2009. Dans le Nord, la ville d’Armentières a réhabilité 6 hectares de marais à proximité du centre ville, permettant une augmentation impressionnante du nombre d’espèces remarquables : de 2005 à 2010, l’on y est passé de 16 à 25 espèces d’oiseaux nicheurs, de 5 à 9 espèces de libellules et de 0 à 4 espèces de plantes « patrimoniales ». Au Pays basque, le nombre d’espèces de libellules et de papillons a été doublé entre 2000 et 2006 dans une réserve naturelle régionale appartenant à un propriétaire privé. Les exemples sont très nombreux et ne méritent que de se développer sur tout le territoire.

 

 

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Pour ce qui concerne les milieux aquatiques, le Castor Castor fiber fait son retour dans nos rivières et fleuves, et les effectifs d’oiseaux d’eau hivernant sur nos lacs et étangs ont été triplés depuis 1990 (multiplication par 8 chez les canards et les foulques), grâce à la mise en réserve de nombreuses zones humides et à une pratique de la chasse plus modérée.

 

C’est du milieu marin que proviennent les nouvelles les plus « révolutionnaires » et les plus rassurantes pour l’avenir, témoignant d’une réelle prise en compte de l’importance (jusqu’alors négligée) de cet écosystème et des ressources halieutiques par les décideurs. Alors que le Conservatoire du Littoral poursuit sa politique d’acquisition de terrains (73 000 hectares en 2010 contre 51 000 en 2000), de plus en plus d’aires marines protégées sont créées en métropole et en Outre-Mer, même si elles ne recouvrent que 1,5% des eaux sous juridiction française (contre 0,1 % environ en 2000) : des sites remarquables viennent d’être protégés en Bretagne, à Mayotte, dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Chez les poissons, les mesures de restriction de la pêche permettent un rétablissement progressif de plusieurs espèces pêchées : la Morueet la Sole en mer celtique, le Merlu dans tout l’Atlantique du Nord-Est.

 

Maintenant, l’essentiel est de faire savoir que la protection de la nature n’est pas qu’une affaire de « petits oiseaux » ou de « bo-bos » comme se plaisent à dire ses détracteurs, mais une priorité essentielle pour le développement humain de notre société.

Sur ce plan-là, nous sommes peut-être en retard par rapport à d’autres continents : en Amérique latine, 50% des chefs d’entreprise considèrent que la biodiversité est essentielle au développement économique !

 

Sources : Terre sauvage, n° 265, octobre 2010, Le journal de la nature - Baromètre 2010

http://www.birdlife.org/news/news/2010/07/the-economics-of-nature.html

 

Article lié : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-ces-animaux-sauvages-qui-se-portent-mieux-57147019.html

 

Alexis Vernier

 

Illustration : en Lorraine, le Râle des genêts bénéficie de la protection de son milieu de vie.

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