FRANCE – Le havre du narcisse

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

France

 

 

Situé en Bretagne, près de Concarneau, l’archipel des Glénan abrite l’une des plus petites réserves naturelles de France : 1,5 hectare seulement (plus 13 hectares de « périmètre de sécurité » autour).

Elle est dédiée à une plante emblématique, le Narcisse des Glénan (Narcissus triandus capax), dont les îles abritent la seule station française (la plante existe aussi dans le Nord de l’Espagne et au Portugal).

Son histoire, peu banale, illustre pourtant les mesures nécessaires à la préservation de la biodiversité, qui ne se limite pas à « laisser faire la nature », bien au contraire.

 

 

800px-Narcisse.JPG

 

 

Elle a commencé en 1803, lorsqu’un botaniste local, M. Bonnemaison, identifia cette plante, qui recouvrait alors tout l’archipel d’un manteau blanc au printemps. A vrai dire, son caractère indigène est mis en doute car elle aurait pu être une rescapée du naufrage d’un navire portugais croisant au large de la Bretagne. Mais elle pourrait tout aussi bien être le vestige d’une aire de répartition bien plus vaste, qui aurait recouvert tout le littoral atlantique en Europe de l’Ouest.

Peu importe, elle est devenue la curiosité naturelle de l’île, et un symbole chez les botanistes hexagonaux.


Le Narcisse est resté commun pendant plus d’un siècle, dans les pâtures entretenues par les moutons ; mais la cueillette excessive par les collectionneurs, et surtout l’abandon de l’élevage faillirent lui être fatals dès les années 1920.

En 1974, la réserve naturelle est instituée pour protéger la précieuse plante, avec la pose d’une clôture tout autour. Mais cette mesure ne lui a pas été favorable dans un premier temps : protégée des intrusions humaines et animales, la parcelle a été envahie d’une lande de fougères et d’ajoncs, qui empêchait son développement !

 

C’est en 1985 que la tendance a pu s’inverser, au moyen d’une fauche annuelle, et de l’introduction d’animaux (moutons, poneys, ânes) dans la parcelle. Aujourd’hui, le narcisse revit, et un récent et minutieux comptage en a dénombré… 150 451 pieds sur le site !

 

Intéressante à plus d’un titre, l’histoire du Narcisse des Glénan témoigne à la fois de la possibilité de ressusciter des espèces au bord de l’extinction, des efforts qui sont entrepris ici et ailleurs pour leur sauvegarde, mais aussi de la nécessité de trouver un équilibre entre la restriction des activités humaines et leur maintien pour préserver la biodiversité.

 

Sources : Terre sauvage n° 267, décembre 2010-janvier 2011, Bretagne – les réserves naturelles, repaires de vie sauvage, Pierre Gouyou-Beauchamps.

http://www.iris-bulbeuses.org/bulletin/149-10.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_des_Gl%C3%A9nan

 

Alexis Vernier

 

Illustration : Narcisse des Glénan, Narcissus triandus capax (source : Massecot/Wikimedia Commons).

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article