FRANCE – Des sanctuaires méconnus sous les lignes à haute tension

Publié le par Le blog de l'écologie positive

France

 

Si les lignes à hautes tension ne sont pas très belles ni toujours appréciées des riverains, elles peuvent devenir des sanctuaires inattendus pour la flore !

Ce sont en fait les emprises des lignes électriques qui, en imposant le maintien d’une végétation de prairie rase, permettent le maintien sinon la réapparition d’espèces de plantes menacées.

 

Dans la seule Île-de-France, le conservatoire botanique national du bassin parisien (un service du Muséum National d’Histoire Naturelle) a recensé 716 espèces de plantes (soit la moitié des espèces végétales décrites dans la région) sous 330 km de lignes à haute tension, parmi lesquelles 270 espèces rares, et, parmi celles-ci, 18 espèces protégées au niveau régional ou national.

 

C’est ainsi que l’on y a découvert (ou redécouvert) des raretés régionales comme l’Oeillet superbe (Dianthus superbus) ou encore le Polygala chevelu (Polygala comosa) ; cette dernière espèce n’avait plus été signalée en Île-de-France depuis 1960 !

 

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Afin de préserver ce trésor botanique et de le concilier avec les impératifs de gestion des lignes électriques, les botanistes recommandent des mesures comme des coupes d’arbres au mois d’août (pour respecter le cycle biologique de certaines espèces), ou encore le retrait des déchets verts qui sont parfois entassés sur le site de coupe (en pourrissant, ils favorisent la propagation d’espèces banales au détriment des espèces les plus rares).

Au total, 80 000 hectares de couloirs de lignes pourraient devenir des réserves de biodiversité végétale sur le territoire national.

Pour que les lignes électriques soient socialement et écologiquement acceptables, est également nécessaire de protéger les oiseaux (souvent victimes de collisions avec les fils), ou encore le paysage.

Mais la prise en compte de l’écologie dans les emprises des lignes électriques aide à revaloriser l’intérêt de ces paysages, qui sont souvent considérés comme des « sous-produits » de la civilisation industrielle et des espaces perdus pour la nature et même pour les autres activités humaines.

 

Source : http://www.20minutes.fr/article/969539/plantes-epanouissent-sous-lignes-haute-tension

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-quand-les-electriciens-protegent-les-rapaces-72671222.html

 

Alexis Vernier

 

Illustration : fleur d'Oeillet superbe (Dianthus superbus).

Photo Stan SHEBS / Wikimedia Commons.

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