FRANCE – Des oiseaux rares réintroduits de partout

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

France

 

 

Depuis maintenant quelques dizaines d’années, la France a organisé des programmes de réintroduction de plusieurs espèces d’oiseaux rares, en danger ou même disparues de son territoire.

 

 

400px-Gyps_fulvus_at_zoo_Salzburg-0001.jpg

 

C’est le cas de plusieurs espèces de vautours, qui constituent un des succès les plus aboutis, puisqu’ils ont permis le retour de ces oiseaux dans tous les massifs du Sud de la France.

Les programmes ont commencé avec le Vautour fauve (Gyps fulvus), qui ne subsistait plus qu’en quelques localités des Pyrénées. Des oiseaux ont été relâchés dans les Grands Causses (Aveyron et Lozère) à partir de 1981, et, dès l’année suivante, l’on y a enregistré la reproduction du premier couple ; actuellement, cette région compte 180 couples de Vautours fauves. Plus tard, des opérations de réintroduction ont concerné l’Hérault, la Drôme et la Haute-Provence, toutes régions où cette magnifique espèce se reproduit à nouveau.

 

Son cousin le Vautour moine (Aegypius monachus), encore plus rare (il avait disparu de France depuis une époque ancienne, peut-être au 19ème siècle ou même avant), a été réintroduit plus tard, à partir de 1992 dans les Grands Causses : le premier couple s’y est reproduit en 1996 et 22 jeunes ont pris leur envol depuis.

 

L’on peut également citer les réintroductions de Gypaètes barbus (Gypaetus barbatus) dans les Alpes, à partir d’un programme international impliquant tous les pays de l’arc alpin (Italie, Suisse, Autriche…).

 

Les différentes espèces de vautours et gypaètes sont particulièrement utiles à l’écosystème montagnard, puisqu’elles permettent d’éliminer les carcasses d’ongulés sauvages et domestiques, et ce sans frais pour la collectivité.

 

Une autre espèce de rapace fait l’objet d’un programme d’élevage en captivité, qui n’a pas encore débouché sur des réintroductions en France : il s’agit de l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata), dont une trentaine de couples survit dans les massifs montagneux méditerranéens.

Un petit centre d’élevage basé en Vendée a permis la naissance de 8 jeunes depuis les années 1990. Aucune libération dans la nature n’est pour le moment prévue, mais ce type d’expériences a d’ores et déjà rencontré des succès en Espagne.

 

Si les rapaces, oiseaux spectaculaires et emblématiques, sont des sujets privilégiés pour les opérations de réintroduction, d’autres espèces moins connues du public bénéficient aussi de ces opérations : c’est le cas de l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax), échassier vivant dans les steppes, et, par extension, dans les campagnes cultivées. Elle a toutefois connu une très forte régression au 20ème siècle, à cause de l’intensification de l’agriculture, de l’usage d’engins mécaniques et des pesticides. Les populations de France non méditerranéenne (Poitou-Charentes, Centre, Pays de Loire…) ont particulièrement été touchées.

Un centre d’élevage a été mis en place dans les Deux-Sèvres : ce centre élève plus de 80 oiseaux reproducteurs et, en 2010, il a permis de relâcher 190 jeunes.

Les outardes relâchées s’intègrent à la population locale et permettent la consolidation de la population de cette espèce, dont les effectifs se sont stabilisés depuis une dizaine d’années.

 

Source : http://www.lpo.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1145&Itemid=715

 

Alexis V.

 

Illustration : le Vautour fauve (Gyps fulvus) est un des grands bénéficiaires des campagnes de réintroduction d'espèces menacées en France.

Photo MatthiasKabel / Wikimedia Commons.

Commenter cet article