FRANCE – Agro-écologie : retour sur 12 ans d’expériences

Publié le par Le blog de l'écologie positive

France

 

398px-Field Hamois Belgium Luc Viatour

 

Depuis 12 ans, l’INRA expérimente des techniques agro-écologiques sur 20 hectares à Epoisses, près de Dijon. Aujourd’hui, le succès est au rendez-vous.

 

Sur les parcelles, le blé est abondant, malgré la présence de plantes adventices dites « mauvaises herbes » (chardons, liserons, coquelicots…).

 

Les agriculteurs se montrent intéressés et le champ fait l’objet de nombreuses visites.

Nicolas MUNIER-JOLAIN, agronome à l’INRA, l’affirme : « Il est techniquement possible de cultiver à grande échelle nos céréales sans herbicide, ou du moins en réduisant drastiquement leur usage, avec une faible diminution des rendements à l’hectare. »

 

Il ne s’agit toutefois pas nécessairement d’agriculture biologique mais de « protection intégrée des cultures », qualifiée de « troisième voie entre l’agriculture intensive d’un côté, fortement consommatrice d’intrants et de pesticides, et l’agriculture biologique de l’autre, qui interdit l’usage des produits chimiques » (N. MUNIER-JOLAIN). 

 

Différentes stratégies ont été testées sur les différentes parcelles : -50%, -70% et -100% d’herbicides, ainsi que un usage plus réduit des engrais, insecticides et fongicides dans la perspective d’une agriculture moins dépendante de ces intrants.

Le désherbage se fait au moyen d’outils mécaniques comme des herses-étrilles, des bineuses, des houes rotatives… parfois avant les semis qui sont retardés (« faux-semis »).

 

Les cultures se font par rotations sur plusieurs années, pour varier les compétitions entre les plantes cultivées et les « mauvaises herbes » et protéger les sols ; la culture de luzerne est particulièrement utile pour fixer l’azote de l’air et éviter les apports d’engrais.

 

Au bout de 12 ans, la biodiversité des sols (vers de terre, etc…) a augmenté, et le stock de « mauvaises herbes » n’est pas plus élevé qu’au début de l’expérience.

Par ailleurs, le bilan des émissions de gaz à effet de serre est neutre, la diminution du rendement est compensée par celle des coûts et le surplus de travail lié au désherbage mécanique est contrebalancé par un étalement des interventions dans l’année.

 

Toutefois, la généralisation de ce mode de production nécessite une valorisation économique plus grande de certaines cultures, nécessaires dans ce cadre de rotation (soja, sorgho, tournesol, luzerne, etc…).

Elle nécessite aussi un changement de culture et une certaine distanciation par rapport au « culte du rendement » qui a longtemps été professé dans les écoles.

Toutefois, M. MUNIER-JOLAIN fait savoir que, désormais, « de nombreux agriculteurs sont très sensibles à la démarche de protection intégrée, parce que celle-ci redonne un sens à leur métier ».

 

Sources : http://www.liberation.fr/sciences/2012/09/20/sans-herbicide-la-recolte-est-plus-belle_847703

http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3449

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-ecologique-et-intensive-c-est-possible-96994846.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-nouveau-une-universite-virtuelle-d-agroecologie-108992521.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-international-l-agro-ecologie-pour-nourrir-le-monde-68978808.html

 

Alexis Vernier

 

Illustration : un champ en Belgique (sans rapport avec l'expérience ci-dessus).

Photo  Luc Viatour / www.Lucnix.be / Wikimedia Commons.

 

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Chris 27/06/2014

Post-Nice. Merci.

stop snoring aids 27/06/2014

The INRA experiment in the field sounds promising. Implementing such agroecological techniques can bring in some good results. Thanks for pointing out the importance of it and it was a good to know information for me. You can expect for a positive response from the land.