COSTA RICA – La « Pura vida » pour les Ticos

Publié le par ecoloptimiste.over-blog.com

Costa Rica

 

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Pas plus grand qu’une région française mais exceptionnellement riche en biodiversité (avec 6 % de la faune et de la flore mondiales !), le Costa Rica est un paradis écologique peu connu du grand public européen.

Plus encore, il fait l’objet d’une politique de protection parmi les plus dynamiques du monde !!!

 

Le magazine Geo de juillet 2011 consacre un article à ce pays surprenant.

 

Un pays qui a choisi d’investir près de la moitié de son budget dans l’éducation et la santé, un pays qui a abandonné son armée depuis 1948, un pays dont les habitants seraient les plus heureux du monde (d’après une étude de l’université de Yale)… mais aussi un pays pionnier dans sa politique environnementale, dont le Président a déclaré officiellement « la paix avec la nature » dès 1986.

 

Les Ticos (surnom que les habitants du pays se donnent à eux-mêmes) ont appelé ce mode de vie la « pura vida ».

 

 

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Pourtant tout n’était pas gagné, loin s’en faut : le Costa Rica connaissait alors un des pires taux de déforestation au monde, et des activités clandestines comme celles de l’orpaillage jusque dans ses parcs nationaux*.

La protection de l'environnement a été d’abord un moyen de négocier l’effacement de la dette extérieure du pays !

 

C’est ainsi que furent créés de nouveaux parcs nationaux et réserves, qui représentent 27 % du territoire national. Mais aussi la mise en place d’un inventaire de la faune et de la flore (on ne parlait pas encore de biodiversité !), d’une police environnementale efficace, et d’actions de sensibilisation au tri des déchets, aux économies d’eau… menées jusque dans les villages les plus reculés.

L’environnement a aussi été restauré dans de nombreux domaines privés : par exemple dans la réserve de mangrove de Rancho Humo, qui accueille 3 millions d’oiseaux migrateurs, soit deux fois plus qu’il y a 5 ans, et ceci grâce à l’arrêt quasi-total du braconnage.

 

L’enthousiasme ne s’est pas tari avec le temps, et il bénéficie d’autres facteurs favorables : la prise en compte internationale de l’environnement comme objet de droit et de protection, l’éco-tourisme et l’utilisation du capital génétique de ses innombrables espèces (des chamans locaux auraient réussi à soigner la grippe A avec le jus de certaines lianes).

 

Un eldorado pour touristes et chercheurs dont bénéficie aussi la population locale : par exemple, l’écotourisme (1ère richesse du pays) crée de plus en plus d’emplois au sein des communautés.

La réserve Pacuare Jungle Lodge, créée en 2010, a par exemple embauché 20 habitants de la région (soit les deux tiers des employés de la réserve), et s’approvisionne en denrées alimentaires (fruits, légumes, œufs…) chez les paysans locaux. Résultat : les anciens braconniers s’engagent pour protéger la faune, y compris les espèces jusqu’alors les plus persécutées, comme le Jaguar !

 

La conscience écologique est bien entrée dans les mentalités : en 2002, les habitants ont approuvé par référendum une taxe supplémentaire sur l’essence dont les bénéfices sont reversés à des associations de protection des forêts et des animaux menacés** ; à la même époque, la pression des habitants a abouti à la fermeture d’une mine d’or par une entreprise nord-américaine ; et le combat actuel concerne la lutte contre les pesticides dans les plantations de bananes et d’ananas, dont l’issue est ressentie avec optimisme par les militants.

Le tri sélectif est devenu une habitude dans les villages, de même que les panneaux solaires et le filtrage des eaux usées.

                                        

Source : Geo, n° 389, juillet 2011, Costa Rica, le paradis vert, Christelle Pangrazzi, p. 24 et s.

 

Lire aussi : http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-costa-rica-un-reseau-social-vert-58406392.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-costa-rica-quand-l-ecotourisme-rehabilite-la-foret-65783734.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-costa-rica-un-cafe-carboniquement-neutre-70374175.html

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-costa-rica-une-banque-de-graines-pour-sauver-des-orchidees-rares-57299135.html

 

Alexis Vernier

 

* Une ambiance « far-west » qui peut se retrouver, par exemple, dans Oro de Cizia Zykë (Hachette, 1985).

** Au même moment, un projet de « taxe carbone » était enterré en France…

 

Illustration : la Rainette aux yeux rouges (Agalychnis callidryas) symbolise à elle seule l'étonnante biodiversité du Costa Rica. Photo Wikimedia Commons.

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