ROYAUME-UNI - La faune et la flore urbaines... et leurs petits secrets

Publié le par Le blog de l'écologie positive

ROYAUME-UNI - La faune et la flore urbaines... et leurs petits secrets

Bien que les villes ne soient pas réputées être favorables à la biodiversité*, elles accueillent en leur sein des espèces animales et végétales insolites, qui ont fait preuve d'une ingéniosité étonnante pour s'y adapter.

Les villes anglaises sont évidemment connues pour leurs Renards (Vulpes vulpes) en pleine expansion depuis 25 ans, dont l'agilité leur permet de sauter par dessus les barrières, de grimper sur les toits, etc... C'est aussi un paradis pour les Blaireaux (Meles meles), apparemment moins persécutés qu'à la campagne. Pour s'adapter à la ville, ces animaux ont changé leur mode d'organisation : de plus petits groupes dans de plus petits territoires.

Plusieurs espèces d'oiseaux se sont également adaptées au mode de vie urbain : les Troglodytes, les Mésanges, les Corneilles et Corbeaux... La chose la plus insolite dans cet état de fait apparemment banal, c'est que (d'après une étude menée en 2011 sur 82 espèces d'oiseaux par Alexei MAKLAKOV, de l'Université d'Uppsala en Suède) les espèces dont les cerveaux sont les plus gros semblent mieux s'adapter au mode de vie urbain, sans doute du fait d'une meilleure capacité à s'adapter !

Réciproquement, l'adaptation à la vie en ville paraît augmenter la taille des cerveaux : c'est ce qui est ressorti d'une étude menée en 2013 sur des petits rongeurs américains de type souris, campagnols...

Les villes sont aussi un lieu favorable à diverses espèces d'insectes hôtes de nos parcs et jardins, dont certains profitent de l'acclimatation de végétaux exotiques : certains comme la Processionnaire du Pin (Thaumatopoea pityocampa) sont par ailleurs connus comme des nuisances et il convient de réguler leurs populations (par exemple, contre cette dernière espèce, par des pièges à phéromones ou encore en favorisant l'installation de leurs prédateurs : les oiseaux !).

Chez les plantes, l'on observe des phénomènes d'adaptation semblables, parfois résultants d'introductions accidentelles. Sont ainsi devenus communs Outre-Manche : l'Ortie douteuse Urtica membranacea, une plante des pays méditerranéens (et de la façade atlantique française) qui pousse en hiver et fleurit au printemps (donc sensible au froid même si elle est utilisée comme remède naturel contre la toux et l'angine !) ; le Séneçon négligé Senecio squalidus que les Anglais nomment "Oxford Ragwort" - le Séneçon d'Oxford - car les premiers pieds furent ramenés des pentes du mont Etna (Sicile) par des botanistes de l'Université d'Oxford ; la Campanule serbe Campanula poscharskyana réputée rare dans ses terres d'origine, les montagnes des Balkans.

Les îles britanniques sont très concernées par ces phénomènes d'acclimatation, dans la mesure où elles sont situées à la limite Nord de l'aire de répartition de nombreuses espèces d'insectes et de plantes plus abondantes en Europe continentale voire méditerranéenne.

Le milieu urbain est également favorable à divers champignons, par exemple le Coprin noir d'encre Coprinopsis atramentaria qui pousse sur les pelouses, mais aussi entre les pavés et même à travers l'asphalte.

Source : http://www.bbc.com/earth/story/20150820-secrets-of-natures-city-dwellers

AV.

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* Cette affirmation est à nuancer fortement : au début du 21ème siècle, les centres de nos villes européennes ne sont pas, loin s'en faut, composés que d'espaces minéraux (ce qui n'était pas vrai il y a un siècle à peine, les parcs urbains étaient alors beaucoup plus rares). De plus, le développement périurbain a créé une certaine porosité entre les villes et les campagnes, jouant un rôle de "zone tampon" sinon d'antichambre de l'adaptation pour certaines espèces (Blaireau, Renard...). Le même phénomène s'observe aussi, avec encore plus d'acuité, en Amérique du Nord où le dernier demi-siècle a été celui de l'adaptation à la ville de nombreux grands mammifères (dont Coyotes, Pumas...), d'oiseaux rapaces (dont l'emblématique Pygargue à tête blanche) et même d'alligators !

Illustration : un Renard roux "urbain" dans un jardin de Birmingham (Angleterre). Photo Oosoom / Wikimedia Commons.

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Eric 08/06/2016 21:12

Salut. C’est vrai qu’on commence à voir de tout en ville haha ! Merci pour ce petit article sur la faune et la flore, c’est vraiment intéressant. Je regarderai plus autour de moi dorénavant.