FRANCE - Des îles polynésiennes restaurées pour des oiseaux rares

Publié le par Le blog de l'écologie positive

FRANCE - Des îles polynésiennes restaurées pour des oiseaux rares

Les atolls des Tuamotu et des îles Gambier en Polynésie française sont particulièrement reculés : 1.500 kilomètres les séparent de l'île de Tahiti. Ils accueillent quelques-unes des espèces d'oiseaux les plus rares et menacées au monde, telle la Gallicolombe érythroptère (Alopecoenas erythropterus), un joli petit pigeon qui niche à terre et ne compte que 100 à 200 individus et que les Polynésiens nommrent "Turuturu". Elle est classée "en danger critique d'extinction" depuis 2013. L'on y trouve aussi d'autres oiseaux uniques au monde, classés "en danger" à l'échelle mondiale : le Chevalier de Kiritimati ou "Titi" (Prosobonia parvirostris), un petit échassier qui ne compte que 1.300 représentants sur la planète, et l'Océanite à gorge blanche (Nesofregetta fuliginosa), un oiseau marin dont environ 2.000 spécimens subsistent. Les plantes comptent aussi des espèces rarissimes.

Ces îlots, comme la plupart des îles océaniques, ont très longtemps été préservés de toute intrusion de prédateurs, ce qui donnait à la faune une fragilité sans égale lors de l'arrivée de l'Homme, et surtout des animaux et végétaux invasifs qu'il a apportés avec lui (depuis 1500, 90% des extinctions d'oiseaux à travers le monde -dont celle du Dodo de l'île Maurice- sont attribuées à l'irruption de mammifères invasifs, semi-domestiqués ou passagers clandestins des navires : rats, porcs, chats...).

De plus, les événements climatiques extrêmes (cyclones, tempêtes...) peuvent avoir raison de faunes déjà fragilisées par ces intrus.

C'est pourquoi la restauration des milieux insulaires, à commencer -paradoxalement- par les plus éloignés de la civilisation moderne, revêt une grande importance pour la préservation de la biodiversité.

C'est ce qui se passe actuellement sur six de ces îlots polynésiens, où des opérations de réhabilitation du milieu ont récemment permis de doubler l'habitat favorable au "turuturu", recréant une situation inédite depuis l'arrivée de l'homme (arrivée des Polynésiens aux Tuamotu entre l'an 300 et 1100 de l'ère chrétienne, aux îles Gambier entre 1100 et 1200 ; les Blancs n'apparurent qu'épisodiquement à partir du 16ème siècle avec le voyage de Magellan, et plus régulièrement après la fin du 18ème siècle).

Les opérations, incluant l'élimination des rats et des buissons de Lantana (un arbuste apprécié pour ses qualités ornementales mais particulièrement invasif au détriment des forêts natives), ont été menées par plusieurs organisations de protection de la nature dont la Société d'Ornithologie de Polynésie, Birdlife International et Island Conservation, au moyen de méthodes testées avec succès sur 400 îles à travers le monde.

Le programme a aussi visé à sensibiliser les populations locales à des méthodes de gestion "durable" des plantations de cocotiers, à la prévention de la déforestation et du retour de végétaux et animaux invasifs, mais aussi à les faire participer au suivi des espèces menacées.

Les suivis ultérieurs ont confirmé la disparition des rats sur la plupart des îles restaurées, tandis que, sur l'île de Vahanga (Tuamotu), plusieurs spécimens de "Turuturu" et de "Titi" se sont réinstallés dès la fin des travaux.

Ces résultats précoces sont de bon augure pour la réhabilitation des écosystèmes insulaires en Polynésie, mais aussi partout ailleurs dans le monde. Il est à signaler que la France, qui compte un très grand nombre d'îles et d'îlots en Outre-Mer mais aussi sur son territoire métropolitain, a une responsabilité très forte pour leur protection.

Source : BBC

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http://ecoloptimiste.over-blog.com/2015/06/nouvelle-zelande-un-soutien-de-taille-pour-l-ile-de-kapiti.html (Nouvelle-Zélande, également)

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-fidji-proteger-l-environnement-de-la-crete-au-recif-60443138.html (îles Fidji)

http://ecoloptimiste.over-blog.com/article-france-de-la-restauration-ecologique-de-l-ile-de-bagaud-video-107200406.html (île de Bagaud, au large des côtes varoises)

AV.

Illustration : l'atoll de Vahanga (îles Tuamotu), un paradis écologique à protéger. Photo Wikimedia Commons.

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