ARCTIQUE - Un refuge de baleines découvert au Groenland

Publié le par Le blog de l'écologie positive

ARCTIQUE - Un refuge de baleines découvert au Groenland

Parmi les différentes espèces de baleines, les Baleines franches du Groenland font partie des plus rares et menacées.

Autrefois abondantes (les effectifs étaient estimés entre 25 et 50.000 individus aux temps pré-modernes) mais largement décimées par une chasse séculaire (entre le 16ème et le début du 20ème siècle, la chasse commerciale s'étant arrêtée en 1911), leurs effectifs globaux étaient supposés ne pas dépasser quelques dizaines d'individus (une vingtaine durant un recensement mené en 2006) et ne jamais avoir pu se reconstituer malgré plus d'un siècle de protection (les survivantes étant supposément trop peu nombreuses pour former une population viable). Du fait l'UICN classe cette population comme "en danger critique d'extinction".

Depuis une vingtaine d'années, la fréquence des observations dans l'Océan glacial entre le Groenland et le Spitzberg s'était pourtant accrue, mais il n'a pas été possible jusqu'à lors de déterminer si cette augmentation était due à un accroissement de la population de baleines ou bien à une pression d'observation plus forte.

Aussi, la découverte d'un site rassemblant probablement plus d'une centaine de représentantes de cette espèce dans les eaux de l'Est du Groenland est d'une grande importance pour la survie de l'espèce. C'est même la plus grande population a avoir été signalée dans les eaux arctiques depuis les premiers temps de la chasse commerciale !

Cette découverte a été tout à fait fortuite, puisqu'elle a été réalisée lors d'un suivi aérien des Morses sur la banquise, au cours de laquelle les biologistes ont vu une concentration inhabituelle de Baleines. Le sanctuaire correspond à une zone où la mer est peu profonde, mêlée à la banquise et riche en crustacés qui offrent autant de proies pour les baleines. Historiquement, les Inuits ont pu y capturer des baleines (des vestiges archéologiques en attestent) mais l'abondance de glace rendait l'accès à la zone trop dangereux pour les navires baleiniers, qui ne s'y aventuraient pas.

Aujourd'hui, la redécouverte d'une population de Baleines franches relativement grande pourrait être un indice supplémentaire d'une reconstitution lente des effectifs de cette espèce. Elle justifie aussi la protection du secteur côtier où elles vivent, contre les destructions directes et les activités polluantes (exploitation minière et pétrolière, trafic maritime...).

Ailleurs dans le monde et depuis l'instauration d'un moratoire sur la chasse commerciale en 1982, appliqué par la plupart des nations baleinières historiques (à l'exception de quelques pays comme le Japon), les populations de plusieurs espèces de baleines (la Baleine grise, la Baleine à bosse, la Baleine franche australe et même la Baleine bleue...) se sont reconstituées en tout ou partie. Ces créatures pacifiques, qui sont les plus grands animaux que la Terre ait portés, jouent aussi un rôle de premier plan pour l'équilibre écologique des mers : leurs carcasses fournissent de la nourriture et un habitat pour diverses espèces (micro-organismes, vers, crabes, poissons...) et facilitent l'absorption du carbone par les océans, et leurs déjections jouent un rôle similaire en améliorant la productivité biologique de la mer (alimentant le plancton et toute la chaîne alimentaire) et en participant aussi à la régulation du cycle du carbone et du climat.

Source : BBC

AV.

Illustration : une Baleine franche (Balaena mysticetus) au large de la Mer d'Okhotsk (Russie). Cette population (qui compte quelques centaines de têtes) est un peu moins rare que celle du Groenland. Photo Olga Shpak / Wikimedia Commons.

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