FRANCE - Les insectes, avenir de l'alimentation animale ?

Publié le par Le blog de l'écologie positive

FRANCE - Les insectes, avenir de l'alimentation animale ?

Si la consommation d'insectes dans l'alimentation humaine est régulièrement médiatisée, et fait partie de la culture gastronomique pour plusieurs milliards d'humains (en fait, quasiment tout le monde sauf les Occidentaux), un volet méconnu de l'entomophagie est son usage dans l'alimentation des animaux d'élevage (pour des espèces à tendance omnivore comme les volailles ou de nombreux poissons).

Les scientifiques de 5 laboratoires de l'INRA participent au projet de développement "Desirable", dédié à l'élevage d'insectes à cette fin, avec deux espèces faciles à multiplier, la "Mouche-soldat" (Hermetia illucens) et le Ver de farine (Tenebrio molitor). L'élevage d'insectes est en effet une source de protéines peu coûteuse, à haute valeur ajoutée et peu consommatrice de ressources naturelles (il suffit d'un kilo de maïs pour produire un kilo d'insectes*, et, en réalité, certains insectes prospèrent sur les sous-produits de l'agriculture, ce qui évite de mettre en culture des terres supplémentaires à cet effet ; l'impact est également moindre que celui des farines de poissons, qui nécessitent des prélèvements très lourds sur les ressources marines).

A l'heure actuelle, il n'existe pas d'élevage "industriel" d'insectes à des fins alimentaires en Europe, y compris pour la nutrition animale.

Le projet vise à configurer des élevages à petite échelle, et le principal défi technique est d'extraire les protéines des insectes et de les dissocier de la chitine pour en produire une "farine" (les coûts de ce procédé restent encore très élevés). D'autres aspects de la recherche concernent l'hygiène, l'étude des qualités nutritionnelles des insectes, leur influence sur la croissance voire l'appétence des animaux, sans oublier... l'acceptabilité par le consommateur final et les mécanismes pouvant aider à changer ses réflexes.

Les deux espèces étudiées sont bien connues : les Vers de farine sont appréciés des amateurs d'oiseaux et des terrariophiles, qui en élèvent eux-mêmes ou en achètent en animalerie ; quant aux Mouches-soldats, elles ont une alimentation très variée incluant des sous-produits difficiles à valoriser tels que les déchets carnés ou le lisier. Ces deux espèces pourraient bien faire partie des animaux domestiques de demain, comme le Ver à soie l'a été jadis, il y a plusieurs millénaires.

Source : site officiel de l'INRA

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AV.

Illustration : un bon bol de vers de farine (Tenebrio molitor). Photo Pengo / Wikimedia Commons.

* Pour comparaison, la production d'un kilo de boeuf nécessite 10 kilos de maïs.

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Annuaire 19/03/2015 02:02

Ce serait une très bonne chose, selon moi, pour les animaux carnivores. Mais attention pour ne pas répéter les erreurs de l'épisode de la vache folle... On ne peut pas faire manger des protéines animales à des animaux herbivores, même si on le bourre de glutamate monosodique! :O

Le blog de l'écologie positive 08/04/2015 21:44

Bonjour,
merci pour votre commentaire. C'est bien sûr pour les espèces carnivores ou omnivores que ce type d'aliment est utile, pas pour des herbivores (comme ce fut le cas avec la vache folle dans les années 1980-90).