PALAOS - Quand les touristes nagent avec les requins... et aident à les protéger !

Publié le par Le blog de l'écologie positive

PALAOS - Quand les touristes nagent avec les requins... et aident à les protéger !

Aux îles Palaos, petit archipel du Pacifique tropical (également dénommé Belau ou Palau), la protection des requins et du milieu marin est devenue une affaire d'Etat.

Ce micro-Etat, qui revendique 459 km² de terres émergées et à peine plus de 20.000 habitants, et qui a pris son indépendance en 1994, s'est démarqué depuis quelques années pour sa politique environnementale exemplaire, qui a fini par inspirer des Etats bien plus grands et puissants comme les USA (qui sont d'ailleurs l'ancien "colonisateur" des Palaos !) et le Japon.

Pourtant la pêche commerciale (et notamment la pêche au requin fort lucrative) y faisait des ravages il y a seulement une dizaine d'années : des dizaines de navires à requins mouillaient alors dans le port de Koror, la capitale.

Tout a changé à partir de 2009, quand l'archipel a créé le premier sanctuaire pour requins au monde. Ce sanctuaire grand comme la France est considéré par l'Etat des Palaos comme le premier au monde (un titre qu'il se dispute avec les îles Cook qui ont pris une initiative similaire !).

Et le pays n'entend pas s'y arrêter là : les autorités envisagent de bannir la pêche commerciale des eaux territoriales d'ici 2018.

Pour le président des Palaos, Tommy REMENGESAU, l'océan a besoin de "guérir" après des années de pêche industrielle qui ont vu les stocks de certaines espèces comme le thon rouge s'effondrer.

Aujourd'hui, l'éco-tourisme aide à protéger les requins des Palaos en fournissant des revenus aux habitants (le tourisme rapporte 50% du PIB de cet Etat soit 160 millions de dollars par an ; pour comparaison, la pêche au thon n'y rapporte que 5,5 millions de dollars).

Il aide aussi à faire connaître cet Etat dans le monde, et surtout à améliorer l'image des requins, qui commencent à être vus comme des animaux essentiels à l'écosystème et moins comme de dangereux prédateurs.

Même en Chine, la consommation d'ailerons de requin a baissé : cette denrée a été bannie des banquets officiels (à Hong Kong tout du moins) tandis que des personnalités se sont élevées pour dénoncer sa consommation.

"Nous estimons qu'un requin vivant vaut mille fois plus qu'un requin mort" affirme Tommy REMENGESAU, qui cite une étude estimant la valeur d'un requin à 2 millions de dollars pendant toute sa vie.

Et enfin : aucune attaque contre des plongeurs n'a été rapportée bien que le nombre des touristes ait augmenté depuis la création du sanctuaire.

"On a conscience aux Palaos qu'il faut protéger les systèmes qui nous maintiennent en vie et limiter ce qui est clairement non durable, le prélèvement de requins, de thons et de vie maritime", dit la biologiste américaine Sylvia EARLE, poursuivant : "l'archipel a institué un modèle qui va réveiller le monde".

Source : Orange.fr

AV.

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Illustration : Requin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos) et Rémora aux Palaos. Photo Wikimedia Commons.

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